Namibie, le pays du brave

7 avril 2016

Nombreuses ont été les personnes qui, lors du Salon du Tourisme de Lyon, nous ont demandé si nous étions allés en Afrique durant notre Tour du Monde. Et bien non! Pourquoi ? Faute de moyens principalement, l’intégrer dans un Billet “tour du monde” était plus complexe et plus cher.

Bref, on a préféré reporter ce continent, pour peut-être aussi y consacrer davantage de temps, hors des sauts de puce qu’exige un “tour du monde” classique. Et s’il y a bien un pays qui nous attire et nous passionne entre tous les autres, c’est la Namibie!

La Namibie, c’est le pays du brave, mais aussi du “Clic”, ce langage très étrange…

Vous souvenez-vous du langage des hommes du désert de Namibie dans « Les dieux sont tombés sur la tête » ? Non, il ne s’agit pas d’un problème de son, tout était ok niveau technique. Bingo ! Ils parlaient le khoïsan, un des langages les plus étonnants de notre planète… D’ailleurs… pas mal de nos extraterrestres sortis de nos imaginaires parlent cette langue bizarre, faite de clic et de clac, ou de bip bip ! un p’tit échantillon ?

Toujours aussi étonnant ! On cherche d’où ça vient, comment ça marche, et on peut toujours essayer d’apprendre ce curieux langage. Bon, en Namibie, on peut aussi se faire comprendre avec de l’allemand, de l’anglais, un peu de portugais ; et puis il y a toujours le langage des mains, et celui du regard bien sûr.

Un voyage en Namibie, c’est comme un retour à la source même de l’existence.

L’Eau, le Feu, la Terre, l’Air, s’y épousent, s’y défient, enfantent et s’affrontent dans une parfaite liberté. Au terme de leurs millions d’années de cohabitation, sous un ciel impitoyable, se dresse le tableau que nul pinceau, nulle pellicule ne peut immortaliser ; son nom est « la Nature ». La Nature, pure, sauvage, impériale.

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Pour la protéger, les éléments dressent autour de cette merveille un rempart d’hostilité, et les seuls hommes capables d’y survivre doivent se plier à sa loi, sans restriction. L’immensité des paysages, leur majesté, leur diversité, leurs couleurs, nous invite à entendre son message : elle n’a pas besoin de nous pour exister, mais nous, si.

Petit comparatif, la France compte 67 millions d’habitants pour une superficie de 675 000 km2. Ça laisse pensif… La Namibie est le pays le moins peuplé du monde, après la Mongolie, et l’un des pays les plus arides, d’où l’expression « le pays du brave ».

En Namibie, la nature est sauvage, hostile, mais elle est aussi protectrice. Nos regards humains ne voient qu’une immense mer de sable désertique, mais chacun de nos pas, chaque tour de roue peuvent être mortels pour le peuple des sables. C’est donc conscient et responsable qu’il faudra partir à la découverte de ce joyau africain.

Le peuple bantou Himba est sans doute le plus représentatif de la Namibie. Il vit dans le désert très aride de Kaokoland. Nous avons tous dans un coin de notre esprit, le portrait d’une de ces femmes à la beauté sublime, dont le visage et les cheveux sont entièrement peints en rouge. Teinture obtenue avec de l’huile de beurre de vache et de la poudre d’ocre rouge. Ce peuple voue une passion sans limite à la beauté du corps, qui passe forcément par l’harmonie parfaite avec un environnement à couper le souffle.

À noter, les femmes Himbas cachent leurs chevilles, c’est là où se tient leur intimité !

 

femmes himbas

 

Namibie, le paradis des amateurs d’animaux

Pour le plaisir des yeux et la sensation de dépaysement total, une dizaine de parcs nationaux ainsi que de nombreuses zones protégées s’offrent à notre curiosité. La plupart sont gérés par la population qui perçoit donc les revenus liés au tourisme.

Le parc national d’Etosha est sans doute l’endroit le plus visité de Namibie. Il y en a bien d’autres. Ces parcs, c’est sans doute le seul moyen de sauvegarder le patrimoine naturel du pays, et d’essayer d’empêcher certaines espèces de disparaitre. Mais ce n’est pas gagné ! Malgré les interdictions, le nombre de rhinocéros braconnés n’a cessé de progresser. Il a été multiplié par plus de six en l’espace de six ans (201 en 2009 contre 1338 en 2015). Un triste record, une hécatombe ! Pour de la corne ! La corne se négocie plus cher que l’or ! La Namibie est malheureusement le pays de prédilection du braconnier. Les clients sont pour la plupart asiatiques, ils prêtent des vertus thérapeutiques et aphrodisiaques à la corne de rhinocéros.

 

faune africaine

 

Ces parcs offrent aux « aventuriers » en herbe l’opportunité de découvrir les animaux dans leur environnement, sans les déranger, et sans leur nuire. La nuit, les points d’eau s’animent. Lions, éléphants, oryx, hyènes viennent s’y abreuver, et échanger quelques politesses, le plus souvent bruyamment ! Un rugissement plus tard, et on est content de se glisser dans le duvet avec toutes nos côtelettes, protégés par l’enceinte des camps. De quoi faire de beaux rêves… où la Vie l’emporte.

Le parc d’Etosha abrite environ 500 lions, les derniers précieux rhinocéros noirs, quelques éléphants. Seulement l’appât du gain pousse certains fermiers à les attirer pour les offrir en pâture aux braconniers.

Les sauver dans ces conditions tient du défi.

Un autre animal est en voie de disparition, le guépard. Le gros problème, c’est qu’il ne peut pas s’adapter à la vie en réserve. Il doit rester dans son environnement sauvage. De 100 000 au début du XXème siècle, le nombre de guépards est tombé à moins de 12 000.

Pour les sauver, une femme y consacre sa vie. Il s’agit d’une Américaine, Laurie Marker. Installée en Namibie depuis 1991, Laurie Marker s’est engagée dans la lutte pour leur survie. Bien sûr, elle n’est qu’une femme, seule dans un pays immense, ses moyens sont limités. Difficile de se battre contre les braconniers qui s’emparent des bébés pour les vendre comme animaux de compagnie à des gens friqués, notamment dans les pays Arabes. Elle a un peu plus de succès avec les fermiers qui eux tuent les guépards pour protéger leurs troupeaux. Avant l’arrivée de Laurie, 8 à 900 bêtes étaient liquidées chaque année par les fermiers. L’élevage est la principale activité des namibiens.

 

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Par chance, Laurie Marker a été élevée à la ferme, et elle possède un diplôme d’agriculture. Avec beaucoup de patience, elle a pu instaurer un dialogue de confiance avec les fermiers. Depuis 25 ans, elle cherche leur amitié, leur collaboration et leur propose des solutions pour protéger leurs troupeaux, et comme pour elle le « non » n’existe pas, elle est en train de gagner son pari ! La méthode la plus efficace pour protéger le bétail est l’usage de gros chiens, des bergers d’Anatolie qui vivent 24 heures sur 24 au sein du troupeau. Les prédateurs sauvages, peu enclins à engager un combat contre ces impressionnants cerbères, s’en retournent plus volontiers chasser les antilopes de la brousse.

Cette femme fait naitre l’espoir, mais on se rend bien compte que le sauvetage d’espèces animales est l’affaire de tous, la nôtre aussi, évidemment.

Au parc d’Etosha, on croise également des babouins, des chacals à chabraque, des girafes, des gnous, des léopards, des phacochères, des zèbres, des mangoustes, des otocyons ou renards à oreilles de chauve-souris, mais aussi des reptiles, crocodiles, de nombreux serpents, dont le redoutable mamba noir, le plus rapide du monde… Les oiseaux y sont également très nombreux : Le surprenant kalao, mais aussi des serpentaires, des outardes, des autruches, plusieurs sortes d’aigles, de nombreuses espèces de faucons, des échassiers, des oiseaux de mer…

 

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Ils vivent dans leur environnement, selon les lois de la nature, mais un rien peut briser cet équilibre, devenu extrêmement fragile avec l’arrivée du tourisme.

Découvrir toutes ces merveilles est un privilège inouï, savoir qu’elles nous survivront et forceront l’admiration de nos petits-enfants, une vraie fierté. Alors, guetter les éléphants du désert dans les méandres du magistral Canyon de l’Aub, explorer le Fish River Canyon en se prenant pour des indiens d’Amérique, admirer les otaries à fourrure au cap Cross, ça coute un peu d’argent, mais ça engage également à devenir le garant de l’harmonie qui régit la nature sauvage.

Certains paysages n’ont encore jamais été marqués du sceau humain, mais parfois l’humilité doit primer sur la curiosité. Un jour peut-être, ce berceau préservé des origines du Monde pourrait nous sauver la mise… Qui sait ?

2000 km de côtes… dans le brouillard, cent jours par an, l’exception climatique

Le désert et l’océan, deux géants indomptables se côtoient, se charment et s’affrontent sur 2000 km. Durant près de cent jours par an, les deux monstres se dissimulent sous un épais brouillard permettant à une végétation particulière et unique de s’épanouir, même s’il n’est pas tombé une goutte de pluie depuis 20 ans.

La bande de sable a malheureusement subi de gros dommages, des dégradations irréversibles par des 4×4 qui roulent n’importe comment et tuent cette végétation du désert, sans parler des tonnes de déchets laissés par les touristes. Des mesures draconiennes vont être prises, qui priveront les touristes consciencieux d’un site unique, mais qui doit être protégé, à tout prix.

La Namibie, alors, c’est avant tout le désert

Le désert rougeoyant, implacable, qui nous ramène à notre état de puce de sable dans l’infiniment grand. Et là aussi, ce n’est pas parce que c’est grand et sableux, qu’il faut se croire permis de graver sa présence à grands tours de roues de 4×4 ! Il n’y a rien de plus meurtrier que le désert ! Sans doute parce que rien n’est plus fragile que le désert ! Alors en tant que bons citoyens éco-responsables, mieux vaut emprunter les axes routiers, qui sont d’ailleurs parmi les mieux entretenus d’Afrique.

 

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Quelques sites incontournables à voir en Namibie:

  •    Ameib et la Phillip’s Cave ;
  •    Les sources chaudes d’Ai-Ais ;
  •    Kalkheuvel ;
  •    La forêt de Kokerboom ;
  •    Naukluft ;
  •    Le canyon de la Sesriem ;
  •    Schwartzrand ;
  •    La côte des Squelettes ;
  •    Le parc national de Sperrgebiet ;
  •    Le parc national de Waterberg ;
  •    Les Zaris Mountains.

 

D’autres sont situés non loin de frontières :

  •    Le parc transfrontalier de Kgalagadi ;
  •    Le cours du fleuve Orange ;
  •    Le parc national des Chutes d’Augrabies, près d’Upington ;
  •    La réserve naturelle de Witsand, près d’Upington.

 

Nous avons appris au fur et à mesure quelles étaient les choses vraiment importantes à nos yeux durant un voyage. Nous aimons la nature, c’est incontestable, bien davantage que les grandes villes. La faune sauvage, bien sûr, tout comme découvrir l’histoire et les traditions de peuples littéralement différents de nous.

La Namibie, c’est tout cela. Et les nombreuses images que nous en avons vue jusqu’à présent ne font que renforcer notre envie d’y mettre un jour les pieds. Et vous, est-ce un pays qui vous attire?

 

Cet article a été écrit dans le cadre d’une collaboration. Cependant, les opinions exprimées ici me sont propres.

 

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