Vacances insolites: notre croisière fluviale sur la Saône

26 avril 2017

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Cette année, nous avons fêté Pâques d’une façon un peu spéciale : à bord d’un bateau, sur la Saône !

Nous avons été contactés en début d’année par l’équipe des Canalous afin de tester l’un de leurs bateaux au cours d’une croisière fluviale. Nous avions le choix de la durée du séjour et de la taille du bateau, et après moult changements et tergiversations (merci à eux pour leur patience !), nous avons finalement choisi de partir de la base de Pontailler-sur-Saône, à 40 km à l’est de Dijon.

Nous ne connaissions pas du tout cette région, et nous n’avions aucune notion de navigation. Heureusement, on connaissait au moins notre équipage ! Nous sommes partis à 6 : Julien, Adrien et moi d’un côté, et de l’autre, Sylvie, Nico et Quentin, un couple d’amis accompagnés eux aussi de leur petit garçon. Ah, et parmi tout ce monde, personne n’avait le permis bateau: ça tombe bien, on n’en avait pas besoin!

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À Pontailler-sur-Saône, nous avons été accueillis par un chic type, hyper sympa, à l’accent un peu british. Comme on n’a pas eu idée de lui demander son nom, on a décidé, après coup, qu’il s’appellerait Bryan.

Après qu’on ait finalisé la paperasse et souscrit à l’assurance (qu’on vous recommande chaudement, au passage, sait-on jamais !), Bryan nous a emmenés découvrir notre bateau : un Tarpon 42 Trio Prestige, nommé le Troubadour. Il était encore plus grand que ce que l’on s’imaginait ! Allait-on pouvoir le manœuvrer ? On nous a dit que c’était facile, et puis d’autres l’ont fait avant nous, non ? Allez, on ne va pas s’en faire !

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Sylvie et moi laissons les gars enregistrer les consignes de Bryan, non sans tendre une oreille de temps à autre, histoire de ne laisser aucune information importante s’échapper… Pendant qu’ils font le tour du tableau de bord, et des différentes choses à vérifier durant la navigation, nous installons nos affaires. L’intérieur du bateau est spacieux et étonnamment bien équipé. Nous avons un grand salon (le « carré »), avec une grande table, un écran TV et un lecteur DVD (qui ne nous serviront pas), une cuisine équipée (lave-vaisselle, grand frigo, four, 3 feux gaz, tout le nécessaire en vaisselle et une Nespresso).

Pendant que nous vaquons à nos occupations de bonnes ménagères, les gamins, eux, ont déjà posé leurs quartiers et décidé de l’attribution des chambres ! Le bateau est équipé de 3 cabines, 2 à l’arrière avec 2 lits simples et 1 à l’avant avec 1 lit double. Chacune des cabines possède sa propre salle de bain avec douche et w.c., quel luxe !

La chambre double

1 chambre à 2 lits simples

La cuisine

Le Carré

Nous remontons sur le pont juste à temps pour écouter Bryan qui explique comment fonctionne la plancha située au milieu de la table avant de nous aider dans les premières manœuvres. Le départ est impressionnant, nous restons silencieux mais nous appréhendons un peu le moment où l’on se retrouvera seuls aux commandes. Et les premiers instants sont plutôt drôles! On fait des 8 à la sortie du port, jusqu’à ce qu’un plaisancier nous crie d’envoyer un coup de propulseur, histoire de nous remettre d’équerre. On se marre, on a l’air un peu bêtes, mais ils doivent en voir passer, des marins d’eau douce…

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La prise en main se fait sans trop de difficulté. Bien sûr, au début il faut apprendre à gérer les quasi 13 mètres de la bête et surtout, sa grande inertie. Et puis quand on tourne à droite, c’est pas comme un vélo hein, il faut attendre un moment avant que ça réagisse ! On zigzague pas mal au début, d’ailleurs c’est comme cela qu’on saura qu’un nouveau capitaine fait son initiation au cours du week-end : le bateau se met tout à coup à virer à droite et à gauche ! Ah, tiens, c’est Sylvie qui pilote !

Un jeu d’enfant !

Au bout d’un moment, on prend le coup, et c’est si facile qu’on laisse même la barre aux petits. Hum hum, pas lorsque l’on passe les écluses bien sûr ! Ça c’est encore une autre affaire. La première nous fait un peu transpirer, elle est étroite ! On sait pas trop si on a bien compris ce qu’il fallait faire : il faut tourner la perche, c’est ça ? Ah mais, pourquoi les portes ne s’ouvrent pas ? C’est vrai, il faut que l’eau se vide d’abord… J’avais toujours entendu parler des écluses sans savoir vraiment comment cela fonctionnait : c’est à la fois simple et magique, quelle invention étonnante ! À Adrien j’explique qu’il s’agit d’un ascenseur à bateau, et on s’assure que les 2 petits restent tranquilles sur le pont pendant que l’on manœuvre.

J’avais lu sur le site des Canalous qu’il fallait être 2 lors du passage d’une écluse. Si vous partez avec des petits, je vous conseille d’être au moins 3 adultes : il en faut un pour les surveiller, histoire d’être tranquille, ou c’est vraiment du sport. Bien sûr, ils ont un gilet de sauvetage, mais allez savoir pourquoi, les gosses ne savent pas se tenir tranquilles sur un si petit espace !

Après la première écluse vient le moment du premier amarrage… Là encore, c’est un joyeux moment de cafouillage. On s’arrête où ? Il a dit quoi déjà, Bryan? Attends, je regarde dans la “Bible” (un énorme guide laissé à notre disposition). Les berges n’offrent pas toujours des endroits assez dégagés pour s’arrêter, on est en pleine nature après tout. Finalement, on s’arrête au bord d’un champ. Julien saute à terre pour planter les piquets qui serviront à amarrer le bateau et pendant qu’il œuvre, il est rejoint par un troupeau de vaches bien curieuses, ce qui nous offre une belle occasion de rire un bon coup et d’évacuer le (léger) stress lié au départ.

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La suite de la première journée se passe sans encombre. On se laisse très très vite embarquer par la sérénité d’un tel voyage… Moi ça fait bien longtemps que je n’étais pas partie sans mon ordinateur, cette déconnexion est un pur délice. Apéro, déjeuner et quelques verres de vin viendront compléter ce moment de tranquillité, au beau milieu de nulle part.

Nous passons les villages de Heuilley/Saône, Apremont, Mantoche puis Gray où nous faisons une petite escale, histoire de nous dégourdir les jambes et de faire quelques emplettes. La ville est intéressante et le petit port agréable, mais nous n’avons pas envie d’y passer la nuit. Après tout, nous avons le droit de nous poser n’importe où, autant en profiter …

La recherche du tout premier site où passer la nuit me rappelle un peu ces moments avec notre camper-van en Australie, lorsqu’on voulait camper en pleine nature, mais qu’on n’était jamais bien sûr de choisir le bon endroit. Avec le bateau, finalement, il faut bien s’arrêter. On a le droit de naviguer au rythme du soleil, et il est déjà 19 h.

La première nuit est … surprenante : bien que les cabines soient tout à fait confortables, il fait froid ! C’est l’inconvénient à s’arrêter sur les berges plutôt qu’au port où nous aurions pu nous brancher et profiter ainsi du chauffage électrique. Sans ça, on a la possibilité d’utiliser le chauffage au gaz, mais il ne doit pas fonctionner la nuit, question de sécurité j’imagine. 

Il suffit d’un café bien chaud au petit matin pour tout effacer, et puis, c’est Pâques, les cloches sont-elles passées sur le pont ? (Oui, on n’a pas été assez vache pour aller leur cacher les œufs dans les orties sur la berge !)

La deuxième journée se déroule comme la première : on se laisse couler au fil de l’eau. On naviguerait presque sans s’arrêter tellement c’est agréable, mais c’est sans compter les petits qui commencent à en avoir marre de se chamailler sur les 5 mètres carrés du ponton (et nous aussi on en a marre, faut bien l’avouer).

Malheureusement, le temps n’est pas propice à la balade, et puis c’est dimanche, de Pâques de surcroît, tout est fermé et on ne croise pas âme qui vive dans les villages que nous visitons. On profite d’une pause pour regarder un peu le trajet effectué sur Google Map : on a fait à peine 30 km ! Faut dire que le bateau avance à 6-7 km/heure… nous qui avions l’impression d’avoir presque atteint les Vosges !

L’après-midi se passe sans que l’on arrive à se lasser de cette nouvelle aventure. En fin de journée, la nature s’éveille de toute part, c’est un vrai bonheur à contempler : les hérons cendrés volent à la surface de l’eau, les martins-pêcheurs plongent en piqué, les poissons sautent pour gober mouches et moucherons tandis que cygnes et canetons viennent nous saluer.

Nous avons, une fois encore, amarré notre bateau au milieu de nulle part, et même si on évoque un moment la possibilité qu’un tueur en série puisse se cacher derrière les fourrées, prêt à nous attaquer (oui, on a une imagination débordante), on part se balader (et faire courir les petits, histoire de les épuiser !) avant le repas du soir.

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Une deuxième nuit toujours glaciale (oui, on a mis le temps à comprendre qu’on aurait dû s’amarrer à un port, histoire d’avoir du chauffage!) et c’est déjà l’heure de rentrer à la base de Pontailler : ces 2 jours sont passés si vite, trop vite !

Ce qu’on a aimé :

Vivre au rythme de la nature. Nous n’avions pas d’heure, pas d’horaire, hormis celui imposé par le soleil lorsqu’il s’agissait de partir ou de s’arrêter. Le soir, le calme est assourdissant, on a dû tous rester un moment avant de s’endormir, histoire d’écouter le clapotis de l’eau sur le bateau et les bruits de la nature. Le matin, on se réveille au son des oiseaux et on observe la nature qui se met tranquillement en mouvement.

Passer un moment tous ensemble. C’est la première fois qu’on partait comme ça, à 2 familles, et dans un petit espace de surcroît : expérience positive et pleinement réussie ! Il faut dire que chacun vaquait un peu à ses occupations, on n’a pas vu le temps passer. Entre le passage des écluses (8 au total), les arrêts pour se dégourdir les jambes, les enfants qu’il faut surveiller, et bien sûr, le pilotage que l’on a fait à tour de rôle, impossible de s’ennuyer !

Ce qu’on a moins aimé :

Le temps ! On a vraiment joué de malchance puisque la météo ne nous a pas épargnés en ce week-end Pascal. On peut dire qu’on s’est franchement caillé, de jour comme de nuit. Faut avouer aussi que Julien et moi n’avons jamais été vraiment doués dans le choix des vêtements (comme lors de notre trek au Népal). Là, clairement, on aurait dû emporter des vêtements techniques, style polaire et coupe-vent suffisamment chaud pour affronter le vent toujours présent sur le pont. Bonnet, écharpes, gants, et pulls  sont à mettre dans la valise pour les plus frileux si vous partez dans cette région, à la même période !

Quelques infos, en vrac :

  • Pour ceux qui paniquent à l’idée de louer un bateau sans permis, rassurez-vous, c’est en fait vraiment maniable, et il n’avance pas vite, en moyenne 6-7 km/heure
  • Le Tarpon 42 N Trio Prestige est un bateau vraiment confortable dans lequel on peut facilement séjourner à 2 familles (il est donné pour 6-8 personnes)
  • Le plein d’eau est fait avant le départ, une réserve de 1300 litres permet de tenir largement 3 jours (à condition de ne pas passer 3 h sous la douche bien sûr)
  • L’eau chaude est produite lorsque le moteur tourne. Lorsque le réservoir est vide, il suffit donc de faire tourner le moteur pour en produire à nouveau.
  • Il y a un chauffage électrique dans le carré et dans les cabines, il fonctionne soit lorsque le moteur tourne, soit lorsque l’on est à quai, raccordé aux branchements. Il y a également un chauffage au gaz
  • Le moteur fonctionne au gasoil, le réservoir est plein au moment du départ et suffit pour une croisière de 2 semaines environ. Le carburant utilisé est à régler à la fin de la croisière.
  • Le bateau ferme à clé sans problème, évitez bien sûr de laisser des objets de valeur à l’intérieur
  • Il est possible de s’arrêter et de s’amarrer où l’on veut, sauf contre-indication. Mieux vaut cependant s’arrêter du côté du chemin du halage, c’est plus pratique pour se balader, mais aussi pour se faire dépanner au cas où.
  • Il est possible d’emporter des vélos (ou d’en louer auprès des Canalous), Nico de son côté avait pris son paddle
  • Le bateau est bien sécurisé pour les enfants (à qui l’on remet des gilets avant le départ), cependant, mieux vaut toujours les avoir à l’œil ! Attention à l’intérieur, les escaliers peuvent être un peu raides, surtout pour les têtes en l’air (Adrien s’est vautré pas moins de 3 fois la première journée)
  • Passage des écluses : c’est simple, ne vous prenez pas la tête et suivez simplement les consignes. À savoir qu’il est d’usage d’attendre avant de refermer les portes si un bateau arrive juste derrière vous : il faut environ 20 minutes pour passer l’écluse, alors se voir fermer la porte au nez ne fait jamais plaisir !

Côté tarif : tout dépend du bateau choisi et du nombre de personnes à bord. Pour notre croisière (3 jours, 80 km environ, en avril), les tarifs vont de 600 € à 1700 € environ. Les bateaux les plus économiques sont moins chers encore, vous pouvez trouver le détail des tarifs des Canalous pour une location de bateau sans permis ici. Le prix ne comprend pas l’assurance (facultative) et le carburant, à régler à l’issue du séjour (9,15€/heure de navigation, comptez environ 5h par jour). Non compris également, la caution de 960€ . 

Le choix de la base de départ : si vous partez pour un week-end, mieux vaut choisir une base à proximité. C’est ce qu’on a fait, et nous avons pu laisser nos voitures à la base, en toute sécurité. Au début, nous pensions partir 1 semaine, auquel cas nous serions partis de Cognac, d’Agde ou de Carcassonne, histoire de coupler la croisière avec quelques visites touristiques (il y avait assez peu de choses « à voir » sur notre parcours, faut bien l’avouer …)

Notre itinéraire:

 

Merci aux Canalous de nous avoir permis de découvrir ce nouveau mode de transport! C’est une expérience qui nous a énormément plu, que l’on envisage de renouveler et que l’on vous recommande bien sûr!


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1 Commentaires

  1. Commentaire par Alice

    Alice Répodnre 17 mai 2017 at 16 h 49 min

    Super article ! C’est bon à savoir qu’il existe encore ce genre de croisières originales offrant une telle expérience comme le fait de pouvoir manœuvrer le bateau :). Dommage pour la météo, le moment aurait pu être encore plus magique…

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