Arequipa, en demi-teinte

8 mars 2013

Puisque nous arrivons du Chili, notre première étape péruvienne est très logiquement Arequipa. Seconde ville du pays par sa taille après la capitale, nous sommes de prime abord ravis d’aller la découvrir.

La route qui va de Tacna à Arequipa est longue, et pleine de vide, du désert

Jamais on n’aurait pensé le Pérou ainsi. C’est pas vilain, c’est juste étonnant. A perte de vue s’étalent des kilomètres de sable, de dunes. Arequipa est sans conteste une oasis dans ce paysage aride, et même s’il fait nuit à notre arrivée, nous sommes comme qui dirait soulagés de retrouver la civilisation.

Le beau temps n’est malheureusement pas de la partie. Il pleut, et il fait même frais. Voilà des semaines que nous n’avions pas ressentis quelques frissons de froid. On ressort pantalons et manteaux, mais après tout, c’est un temps parait-il habituel pour un mois de mars.

Arequipa “ville blanche”, dit-on

Oui, c’est vrai seulement si l’on s’arrête à son très parfait centre ville. Aux bâtiments coloniaux faits de cette pierre volcanique si particulière.

Immédiatement nous partons les découvrir, empruntant les artères pavées au charme certain. La Plaza des Armas se révèle à nous, et c’est vrai qu’elle est belle. L’imposante cathédrale surplombe la place grouillante de vie, de cris, de bruits. Les taxis tournent en rond en klaxonnant, tandis que le camion des éboueurs serpente au son de la «Lettre à Elise». Le spectacle de prime abord singulier nous enchante.

 

Plaza de Armas

Plaza de Armas

Cathedral, Plaza de Armas

Cathedral, Plaza de Armas

Mais rapidement, ce joli centre ville, cette jolie place coloniale ne ressemble plus pour nous qu’à en enclos dont les bestiaux seraient les touristes, et dont les locaux seraient quasiment absents. Les rues sont clafies de boutiques à touristes, de restaurants tape-à-l’oeil. Une escapade à l’extérieur du joli enclos nous le confirme rapidement. Le centre historique que l’on dit si beau ne représente peut être que 10% de la ville d’Arequipa.

NB. Dire que ce quartier est un enclos à touristes n’est à mon sens pas une insulte, le pays ne cherchent-ils pas à attirer davantage de touristes chaque année? Et c’est bien dans ces endroits-là que se retrouvent une majorité des voyageurs. Paris est une ville orientée vers le tourisme, est-ce pour autant désagréable de la visiter? Non, cependant force est de reconnaitre que les endroits les plus touristiques ne sont pas souvent les plus authentiques.

Nous quittons cette zone de la ville pour explorer les rues parallèles. A l’extérieur de ces rues si propres, on retrouve vite la misère et la pauvreté qui est celle des péruviens. (cette dernière phrase m’ayant valu le courroux d’une lectrice, je l’invite à lire ceci: 5 things I learned about poverty in Peru, et peut-être qu’elle devrait également envoyer un mot à cette association installée à Arequipa, pour leur signifier que leur travail est inutile. Nier la pauvreté au Pérou est à mon sens parfaitement criminel, car on ne peut soigner les maux que l’on ignore)

Dans ces parties annexes au centre ville, les maisons n’ont plus rien de colonial, la plupart ne sont même pas finies. Des enfants errent sur les trottoirs, pendant que les péruviennes en habits traditionnels, assises sur le trottoir mendient les sous de leur pitance, leur bébé posé à même le sol. Les magasins ne sont plus si beaux, si rangés, tout est poussière et bazar.

Et pourtant, c’est ce que j’ai préféré.

 

Un tour au marché...

Un tour au marché…

.... Miam! ça, c'est bon pour la soupe

…. Miam! ça, c’est bon pour la soupe

Depuis le temps que nous sommes sur la route, nous avons appris à les reconnaitre, ces enclos à touristes. A San Pedro d’Atacama, nous nous étions prêté de bonne grâce à ce jeu de dupes, sachant qu’en échange nous allions découvrir les 1001 merveilles du désert. Au bout d’une semaine cependant, nous en avions assez, l’intoxication était proche, et nous étions contents d’en partir.

Arequipa nous laisse ce même goût amer. Cette impression de faire partie d’un décor habilement coordonné pour plaire aux touristes. La suite du voyage nous apprendra que de nombreuses villes du Pérou sont ainsi façonnées, donnant au pays des allures de Disneyland.

Mais nous continuons à visiter la ville, il parait que les églises y sont belles

Au hasard d’une rue, nous entrons dans l’enceinte d’un ancien cloitre. L’ensemble est joli, les sculptures qui ornent les piliers sont curieuses. On se perd un peu au détour des cours qui se succèdent, mais on remarque rapidement un détail essentiel:  l’ancien cloitre a été transformé en centre commercial. Partout, sous les arcades, dans les salles qui devaient d’antan abriter les prières, s’enchainent maintenant les «meilleurs boutiques d’Alpaga» ou la «boutique du chocolat». Bon, on imagine que ces boutiques ne sont pas destinées aux péruviens hein, alors que l’on ne me dise pas qu’Arequipa n’est pas habillement développée en faveur du tourisme!

 

 

Jolie, jolie Arequipa...

 

Nos pas nous mènent ensuite au fameux couvent de Santa Catalina, véritable ville dans la ville

A l’entrée, nous observons les photos, prises de nuit elles nous donnent envie. Le plan de cet immense lieu nous donne le tournis, comme il doit être bon de se perdre dans le dédale de ces pierres.

 

arequipa

 

Finalement, nous n’irons pas, le prix d’entrée est pour nous rédhibitoire, nous sommes en fin de voyage, les poches sont presque trouées, le portefeuille à l’agonie. Et puis nous savons qu’au Pérou, TOUT, absolument tout se paie, et rubis sur l’ongle.

Alors, il faut en garder pour la suite…

 


 

Récits du voyage

 

6 Commentaires

  1. Commentaire par Loulou

    Loulou Répodnre 8 mars 2013 at 4 h 58 min

    Quel dommage pour le couvent !! Cela était archi-cher pour nous mais nous l’avons tenté et quelle beauté, certainement l’intéret majeur de cette ville ! Peut etre une autre fois !

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 8 mars 2013 at 5 h 16 min

      En plus d’un porte monnaie vide, nous n’étions pas dans une phase “visites”, après avoir vu beaucoup, beaucoup de choses en Argentine puis au Chili, il y a un moment où on arrive à saturation. Donc faire pour faire, non. C’est pas très grave. En revanche nous pensons en effet qu’il s’agit d’un très joli endroit à voir, si l’on est un tant soit peu motivé ;)

  2. Commentaire par Philippe

    Philippe Répodnre 8 mars 2013 at 7 h 55 min

    Au fait bien vu le nouvel agencement des menus. Sympa ça aide bien pour ceux lisent, relisent, re relisent et relisent parfois vos écrits :) :) :)
    Merci

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 9 mars 2013 at 23 h 03 min

      Merci! il nous semblait aussi que ça devenait brouillon avec tous ces pays… ;)

  3. Commentaire par Lauriane

    Lauriane Répodnre 29 avril 2016 at 11 h 47 min

    Je me suis laissée convaincre par mon amie qui souhaitait passer quelques jours à Arequipa, mais je crois qu’on va rester sur mon impression de base qui est confortée par ton article ! Une étape Arequipa restera. Nous essayerons à la place de trouver un peu de paix au canyon de colca (mais bon je crois que ça aussi, ça va être compliqué !)

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 1 mai 2016 at 16 h 27 min

      Qu’est-ce qui t’a déplu à toi, à Arequipa?

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