Trek au Népal, la demeure des neiges

24 octobre 2012

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Nous voilà de retour à Pokhara, où nous savourons le plaisir de retrouver un vrai matelas et une douche bien chaude.

Mais ces quelques éléments de confort ne suffisent pas à faire oublier ce que nous avons pu ressentir là haut, dans les montagnes… Nos pieds, nos mollets se reposent enfin, nos sacs sont vidés, le linge est nettoyé, mais notre esprit est définitivement ailleurs. Ce trek au Népal était une fabuleuse expérience, qui nous donne envie de recommencer, plus haut, plus long, plus tard…

 

☆ Notre trek au Népal – Annapurna, Jour 1

Nous sommes finalement partis le 19. La veille, nous avons changé nos plans, et d’hôtel, en en choisissant un plus à même de conserver correctement les affaires que nous laissons sur place.

 

trek nepal annapurna

 

Nous arrivons ainsi à Nayapul (1000m) le matin du 19, à 9h.

Ce village étant le point de départ de quasiment tous les treks de l’Annapurna, nous sommes loin d’être les seuls randonneurs. Nous nous éloignons rapidement des groupes, pour finir de nous préparer tranquillement avant d’attaquer. Pour nous deux, ce trek est une grande première, un peu un mystère aussi. Avec très peu d’expérience, on ne sait pas comment cela va se passer. Est-ce difficile ? Sommes-nous capables ? Sommes-nous bien équipés ? Qu’allons-nous donc trouver en route ? Pour dormir, manger ? Nous avons préparé des sacs les plus légers possibles, avec le strict minimum. Julien porte tout de même près de 10kg, et moi 6. Nous n’avons pas emporté de duvet, on nous a dit que des couvertures étaient fournies là haut. Mais nous ne savons pas vraiment à quelle température nous allons être confrontés.

 

Pour le départ, le temps est beau, le ciel dégagé. La première journée de marche est plutôt courte, on y va doucement. Petite mise en jambe sans trop forcer, on se ménage pour durer plus longtemps. Ça commence bien, au bout d’une quinzaine de minutes déjà on se trompe de chemin ! Heureusement, les népalais que l’on croise, habitués qu’ils sont à voir des trekkeurs, nous remettent immédiatement sur le droit chemin.

A Birethanti, nous nous faisons enregistrer au bureau du TIMS et de l’ACAP.

Formalités obligatoires, de cette façon nous sommes connus comme étant sur le territoire de l’Annapurna. Sur le trajet nous aurons l’occasion de nous signaler encore, puis le dernier jour nous enregistrerons notre sortie. Comme un traçage, en sorte.

 

 

 

Rapidement le groupe que nous formons avec les autres randonneurs s’étire, se disloque.

Chacun prend son rythme, et finalement, nous sommes même parfois seuls sur la route. Le soleil tape fort, il fait bien chaud. La rivière laiteuse que nous longeons semble nous narguer, l’eau est si belle, si propre, elle nous appelle ! Nous marchons d’un bon pas, régulier, tout en prenant le temps d’admirer ce qui nous entoure. On prend des photos, on se filme, on profite, on respire ! Nous traversons plusieurs fois la rivière, passons quelques petits villages. Tous sont très bien équipés, « tout-pour-le-trekkeur » Il y a des « maisons de thé », qui offrent le couvert et des boissons fraiches, et aussi quelques lodges, facilement reconnaissables. Elles sont en effet toutes peintes en bleu !

Après 3 heures de marche, nous arrivons déjà à notre première étape, Tikhedhunga (1540m).

Il est tôt, aux environs d’une heure, le village est encore désert. Nous savons que le prochain village, Ulleri (2080m) n’est pas bien loin. On pourrait le rejoindre, mais on sait aussi que pour cela il faut d’abord grimper quelques 3300 marches de pierre !

On préfère se garder ce plaisir pour demain matin, quand nous serons bien frais, et qu’il fera moins chaud. C’est qu’à partir de 10h, le soleil tape fort. Et même si nous n’avons grimpé qu’un dénivelé de 550m, nous sommes bien échauffés!

A Tikhedhunga, nous aurions aimé trouver une guesthouse avec salle de bains privée…c’est un luxe rare par ici ! Seul un établissement le propose, mais il n’a que deux chambres, et elles sont déjà réservées.

Nous sommes en haute saison, et la plupart des gens partent avec soit une agence, soit au moins un guide et un porteur. Dans les deux cas, les logements sont réservés à l’avance, et ce sont bien sûr les meilleurs qui sont pris en premier.

 

Trek solidaire au nepal

 

 

Nous nous rabattons donc sur une lodge assez grande.

Le patron parle français, et connait bien Lyon. Il a habité la Croix Rousse, et il passe 6 mois par an dans les Alpes quand la saison au Népal est finie. Oui, le monde est petit !

Nous découvrons notre première chambre de cette aventure. Sommaire, correcte. Le seul truc vraiment embêtant, c’est le jour qu’il y a entre les murs et les encadrements des fenêtres et de la porte. La nuit promet d’être bien fraiche ! Nous passons notre après midi tranquillement dans ce petit village. Il n’y a pas grand-chose à faire ! On joue aux cartes, ou l’on reste oisifs, tout simplement. En fin d’après midi débarque un groupe de franco-suisses, et un autre d’allemands. Ils font un de ces bordel ! On se dit que pour le prochain coup, on choisira une lodge où il n’y a pas de réservation de groupe …

La douche et les wc sont communs, et situés en dehors du bâtiment principal. Comme il ne fait pas trop froid, pour ce coup ci, ça va. Mais ce ne sera pas toujours le cas… La nuit et la brume tombe très tôt, à partir de 17h il fait déjà noir. Et humide.

Vers 18H30, nous avalons vite notre repas au restaurant de la guesthouse. La carte est variée, et les prix pour le moment restent corrects. Plus élevés qu’à Pokhara, mais on sait que plus on montera, et pire ce sera.

La nuit est comme promise, très, très fraiche. Nous dormons très peu, mal, les matelas sont durs.

 

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☆ Jour 2, de Tikhedunga à Gorepani

Le lendemain, nous sommes réveillés par les français qui doivent penser qu’ils sont tous seuls dans l’hôtel. De toute façon nous n’avions pas prévu de faire la grasse mat.

Debout à 6h30, nous allons petit déjeuner à 7h. Aujourd’hui est une grosse journée. Il y a les 3000 et quelques marches pour aller jusqu’à Ulleri, et puis ensuite, ça ne cesse de grimper.

La prochaine étape est à Ghorepani, annoncée à 5h de marche, avec un dénivelé positif de 1360m. Pour ma part, c’est la journée que je crains le plus, je déteste les marches. Monter un sentier brut me fait beaucoup moins peur que de grimper le même dénivelé sous forme de marches. Mais on s’y est préparé, et on commence à monter en comptant. Par 330, comme ça, ça fait 10 séries ! A la fin de chaque série, on s’arrête 2 min, on reprend notre souffle, on boit un peu d’eau, on mange un bout.
Notre pas reste ainsi régulier, rythmé par le décompte des séries. Petit à petit nous passons tous les autres marcheurs, et au bout d’à peine une heure et demie, on a enfin passé cette épreuve tant redoutée ! Il fait toujours très beau, et autour de nous les paysages sont fabuleux.

 

C’est d’ailleurs à ce moment là que nous apercevons notre premier sommet blanc. Il s’agit de l’Annapurna Sud, 7219m…Ça nous semble tellement irréel, on a l’impression de voir un décor de cinéma, tant le contraste entre les forêts vertes, drues, et ce sommet est saisissant ! On admire cette vue, on ne s’en lasse pas. Nous sommes enchantés, comme des gosses!

 

 

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La montée jusqu’à Ghorepani est rude, finalement il n’y avait pas que les marches à redouter! La chaleur est cependant moins présente, on sent que nous montons en altitude. Le village est en effet situé à 2750m. Nous l’atteignons toujours tôt, tout juste après midi.

Notre guide du Lonely nous indique une lodge avec salle de bain attachée, vite nous nous précipitons pour le trouver avant que les autres n’arrivent ! C’est que Ghorepani est situé à nouveau sur le trajet de beaucoup de treks, et on sait qu’à cette période, les places sont chères. Sans guide, ni agence pour réserver à l’avance, nous nous dépêcherons chaque fois d’arriver au plus tôt, afin d’avoir le choix d’un logement décent… Et ce coup ci, ça paie.

Nous héritons en effet d’un petit « cottage », avec SDB privée, douche chaude. Le confort est toujours sommaire, mais au moins nous pourrons nous décrotter sans avoir à traverser la cour, dans le froid !

 

trek nepal annapurna

 

Car cette fois ci, le froid est bien présent. La brume envahie progressivement le village, le soleil disparait et laisse place à une atmosphère sombre, humide. Brrr, on sort les manteaux, on est bien contents de les avoir avec nous. On les a portés dans nos sacs pendant 4 mois de soleil et de chaleur, mais ce n’est pas en vain. Si on avait su qu’il faisait si froid, on aurait pris nos bonnet et nos gants.

Moi, frileuse de nature, j’ai pensé à prendre tout un tas de vêtements chauds, mais ce n’est pas le cas de Julien: il pensait en effet que même son maillot technique serait de trop, et n’a pas voulu emporter sa polaire.

Le froid et l’humidité sont aussi problématiques quand il s’agit de faire sécher notre petit linge. L’eau qui sort du robinet est presque gelée, et ça relève de l’exploit de parvenir à frotter nos vêtements là-dessous. Ensuite, même bien étendu au peu de soleil qu’il reste, ça ne sèchera pas…tant pis, on les accrochera au sac à dos demain, ils sècheront en route !

 

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Notre lodge est grande et accueillante. Elle dispose d’un grand Dinning Hall, où après avoir pris une bonne douche, nous venons nous réfugier : il y fait chaud, il y a un poêle à bois au centre de la pièce et l’ambiance est vraiment agréable ! Sur le comptoir est exposée une énorme « Apple pie » qui nous fait des clins d’œil dés que nous entrons. Nous commandons un pot de thé bien chaud, et deux grosses part de tarte…ce moment est délicieux !

Il est à peine 15h, et déjà nous ne voyons plus les montagnes environnantes. L’atmosphère est étrange, unique. La brume apporte un effet mystérieux, on se sent hors du temps. On oublie où on est, nous ne sommes plus au Népal, on est quelque part, ailleurs, entre le ciel et la terre.

Nous revenons sur Terre le temps d’aller nous signaler au Check post de la police de Ghorepani. Puis nous nous baladons un peu dans le village. Ghorepani, c’est perché, et loin de tout. Il n’y a pas de route pour l’atteindre, seul le sentier que nous avons emprunté permet d’y accéder. Pour le ravitaillement, les villageois montent les vivres, bouteilles de gaz etc à dos d’âne ! Un sacré challenge, et cela peu importe le temps… Et pourtant, on y trouve de tout, ou presque. Il y a des petits supermarchés pour trekkeurs. Ce n’est pas Auchan, bien sûr, mais on y trouve l’essentiel. Il y a même des cafés-internet, et les maisons sont équipées du satellite!

 

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Alors que nous rejoignons notre lodge, nous croisons notre groupe de franco-suisses de la veille. Nous lorgnons du coin de l’œil, pour voir où ils vont : Bingo, dans la même que nous! Bon, cette fois ci, ça ira, notre « cottage » est indépendant, nous ne les entendrons pas marcher au dessus de notre tête le soir et tôt le matin.

Il fait tellement froid que nous ne restons pas plus longtemps dehors. Nous retournons dans le Dinning, profiter à nouveau du poêle. Les groupes sont arrivés, et avec eux, les porteurs. Tous sont regroupés autour du feu, certains grelottent, semblent frigorifiés. C’est qu’à les voir, on comprend, ils sont tellement peu habillés ! Certains sont en pull manches courtes, en sandales ou baskets en toile, en tous cas rares sont ceux vêtus de façon à affronter ce froid…

On avait lu quelque chose à ce propos dans le Lonely. Le guide rappelle en effet que quand on embauche un porteur, on est en quelques sortes son patron, et on devient ainsi responsable de lui, de sa santé, de sa sécurité. Il est recommandé de s’assurer avant le départ qu’ils seront correctement habillés, et le cas échéant, il est fortement conseillé de leur fournir des vêtements chauds. Beaucoup de porteurs sont jeunes, peut être inconscients des risques qu’ils prennent, et parfois c’est leur première montée dans la montagne.

Et nous, en bons occidentaux, avec toutes ces avancées « sociales » que nous aimons mettre en avant, nous devrions être capables de leur dire « non » quand on les voit monter en sandales. Ben apparemment non. En tous cas, là haut, on a vu beaucoup de gamins mal vêtus, et dont personne ne semblait se soucier. Enfin, sauf quand il s’agit de leur refiler les énormes sacs remplis de tout un tas de choses inutiles (bouquins, Ipad, tenues de ville, chaussures de soirée, si, si, si)…

Nous, nous avons choisi de monter sans porteur. Le dilemme est grand à ce sujet. D’un côté, les employer leur fournit un salaire, et leur permet de vivre. D’un autre, c’est totalement inhumain de les laisser monter ainsi chargés.

Tout au long du trek, nous avons vu des jeunes gars, des moins jeunes, et même des femmes porter jusqu’à 3 gros sacs à dos (80L) saucissonnés ensemble…

 

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Pour le soir, le Dinning est comble. Il y a beaucoup de groupes, les français, mais aussi des allemands, des slaves, des polonais, anglais, australiens, chinois, japonais, belges… Là haut, c’est toute la planète qui est réunie !

A nouveau nous allons nous coucher très tôt. Le lendemain, il est prévu que les marcheurs se lèvent à 4h, et montent à Poon Hill (3210m). De là, ils peuvent admirer le panorama sur l’Annapurna, au levé du soleil. Pour cela, nous déclarons forfait. Nous sommes fatigués, et surtout, il fait trop froid, et nous ne sommes pas assez habillés. Et puis nous avons lu que nous pourrons admirer le même panorama sur la route qui nous mènera à notre prochaine étape. Nul « besoin » de monter, puis redescendre de Poon Hill.

 

Nous passons une nuit glaciale. Le cottage indépendant, c’est bien pour le calme. Mais les 4 murs ont prises au vent, et bien sûr ils ne sont pas isolés. Les couvertures fournies ne sont pas efficaces, et nous regrettons vraiment de ne pas avoir emporté des duvets. L’eau dans nos gourdes a quasiment gelé pendant la nuit. A 6h30 nous émergeons donc d’un sommeil trop court, transis de froid.

 

☆ Jour 3, de Ghorepani à Tadapani

A la sortie de notre bungalow, nous découvrons une vue époustouflante… les montagnes cachées la veille par la brume se révèlent et se découpent majestueusement dans le bleu du ciel, c’est incroyable de beauté.

 

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Le troisième jour est encore un jour où nous grimpons. De 2700m, nous irons jusqu’à 3210m, en parallèle de Poon Hill. La montée est rude, les jambes sont lourdes, et surtout nos muscles sont froids… Au bout d’une demi-heure, nous atteignons enfin le point le plus haut de notre trek.

Et là, nous oublions toutes nos misères… La vue est à couper le souffle, on ne s’en lasse pas, on reste sans voix…

Dans un ciel bleu magnifique, nous découvrons enfin ce panorama spectaculaire où s’étirent d’immenses sommets blancs : le Dhaulagiri (8167m), le Tukuche (6920m), le Nilgiri (6940m), l’Annapurna Sud, L’Annapurna I (8091m), le Hiunchuli (6441m), et Tarke Kang (7193m)…

On les contemple, on les admire, on les mitraille, on n’arrive pas à s’en détacher. On se dit qu’on a de la chance, qu’on est privilégiés, être ici, et voir cela.

On regarde partout autour de nous, chaque morceau de cette nature est une merveille, un plaisir, un bonheur à contempler. On aurait pu rester des heures là-haut.

 

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Nous continuons notre route, et au fur et à mesure il nous semble que quelques sommets, comme le Machhapuchhare se rapprochent.

On se dit qu’on comprend maintenant l’obsession des alpinistes à vouloir grimper ces montagnes ! Qu’est ce qu’on aimerait nous aussi, être tout là haut ! Ce doit être comme un autre monde, où rien n’est comme ailleurs, c’est fascinant…

 

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Nous redescendons ensuite, sur un dénivelé de 710m. Nous traversons des forêts, enjambons des rivières, marchons à flanc de colline. Le paysage est toujours aussi spectaculaire. Néanmoins, notre nuit sans sommeil rend notre marche plus difficile. Nous trainons un peu plus que d’habitude, les pauses sont plus fréquentes.

Notre prochaine étape est à Tadapani, situé à nouveau à 2700m. Nous y arrivons peu après midi. Là nous sommes surpris de trouver beaucoup de lodges déjà pleines ! La plupart ont été bookées bien sûr par les groupes. On grogne, on se dit que quand même, les mecs, ils marchent tranquillement, sans sacs toute la journée, ils s’arrêtent pour ripailler un long moment à midi, et débarquent tranquillement en fin de journée, alors que nous sommes obligés de tracer avec nos sacs à dos pour grapiller peut être une place qu’ils auront bien voulu nous laisser !

 

Finalement, nous trouvons une chambre qui fera l’affaire. C’est de plus en plus sommaire, mais on devra faire avec, le reste est complet. La douche est à nouveau à l’extérieur, et là, il fait encore très froid. Nous sommes encore gelés de la veille, fatigués et affamés, on commence par se remplir le ventre avec un bon Daal Bhat. Ce qui est bien avec ce plat népalais, c’est qu’il est servit à volonté. Mélange de riz et de lentilles, ça n’a rien de gastronomique, mais c’est complet, ça réchauffe, et nous redonne des forces. Avec un pot de thé au gingembre, nous voilà revigorés…

Par contre, pour la douche, c’est une autre affaire.

On se regarde, on s’interroge, on y va, on n’y va pas ? La raison nous dit que oui, il faut ! On a transpiré, et puis il faut détendre nos muscles. Mais la douche est dehors, il y a même une fenêtre grande ouverte dans la cabine, et on sait bien que les promesses de « 24h hot water » sont bien rarement tenues … Brrr, pas décidés, on va faire un tour dans le village. On y croise les mêmes randonneurs que d’habitudes, on se suit tous de toutes façons.. Cette fois ci il y a aussi des thaïlandaises, qui montent en jean, avec leur sac à main. Et un groupe de slovènes aussi, qui s’enfilent, torses nus, des bières à grosses goulées, tout en riant à gorge déployée.

On se regroupe sur la place du village, là où le soleil perce encore un peu. Sa chaleur nous caresse les joues, nous réchauffe, ça fait du bien.

 

De retour à notre lodge, je me décide finalement à braver le froid pour aller prendre ma douche. Julien me rejoint. L’attente est longue, il n’y a qu’une cabine pour tout le monde. Les thaïlandaises passent avant nous, et se lavent les cheveux, se passent des crèmes, elles prennent leur temps ! Pendant l’attente, nous voyons arriver notre groupe de franco-suisses.

Ils se dirigent …vers notre lodge ! Décidément ! Depuis 3 jours on les observe, et eux enfin nous découvrent. Ils sont plus âgés que nous, peut être des retraités, et ont l’air bien enjoué. C’est leur premier trek, et ils montent plus haut que nous. Ils ont la forme, ils marchent tranquillement, et le soir aux repas, ils s’envoient rhum et pinard avant de fumer quelques clopes !

 

De notre côté, nous retournons dans notre chambre. La douche nous a bien nettoyés, mais pas du tout réchauffés. Nous grelottons quelques temps dans notre chambre, impossible de nous reposer. On pense à la prochaine nuit, on se dit qu’on ne peut pas encore en passer une autre sans dormir. On a tout essayé pour contrer le froid, cumuler les couches de vêtements, se serrer l’un contre l’autre, souffler dans nos mains, rien à faire.

Du coup, on prend une grande décision : on va faire comme tous les montagnards: On va s’enfiler un grand coup de rhum, on va se torcher pour se réchauffer !

Nous descendons au dinning où nous prenons place près du poêle. Avec moi mon plat de pâtes, et Julien son Daal Bhat, nous descendons une flasque de rhum népalais, que nous mélangeons à du thé. Avec du sucre, ça passe tout seul, et bientôt, on a les joues qui chauffent !

Au bout d’une heure, et d’une bouteille, on a enfin chaud, et on est tout guillerets ! Y’a pas à dire, mes compatriotes slovènes avec leur descente de bières de tout à l’heure ont bien tout compris ! Tout pleins de chaleurs, on file vite se glisser sous les couvertures.

On enfile nos boules Quies, car les parois entre les chambres sont très fines. Là, on est parés, et enfin, on passe une bonne nuit … !

 

☆ Jour 4, de Tadapani à Naya Pul

Le lendemain matin, 7h, nous sommes au rendez vous du petit déjeuner, déjà plus frais que la veille.Nous avons bien dormi, il a fait moins froid. Ou peut être était ce le rhum ? Toujours est il que nous repartons d’un bon pas, d’autant que nous allons entamer notre descente. Nous avons en effet atteint le but de notre randonnée lors de notre montée à 3210m.

A Tadapani, la plupart des groupes de randonneurs continuent la route vers le Camp de base de l’Annapurna, à 4000 et quelques mètres. C’est le cas du groupe de français, et en partant, nous avons un petit pincement au cœur.

Nous aurions nous aussi aimé monter plus haut, rester plus longtemps dans ces montagnes ! C’est tellement magique… Mais nous ne sommes pas assez équipés, en vêtements chauds notamment. Ce serait totalement irresponsable de tenter d’aller plus loin, avec pour seul réconfort le soir, une flasque de rhum!

 

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Notre journée de marche démarre tranquillement. La descente est légère, et nous sommes dans la forêt. Par moment le sentier est plat, on se balade le nez en l’air, pour une fois nous n’avons pas besoin de regarder où nous mettons les pieds.

Nous apercevons des oiseaux au plumage exotique, des singes, de très jolies fleurs. La forêt est faite de rhododendrons, et de chênes. Les rhododendrons ne sont pas en fleurs, mais on imagine quelle beauté ce doit être au printemps.

Progressivement, la piste se fait plus pentue et nous retrouvons un chemin de pierres. Là, il faut faire attention à chacun de nos pas, pour éviter de se tordre les pieds, ou pire, de dégringoler. Nous traversons plusieurs petites rivières, et par endroit le sentier est bien détrempé. Finalement, au bout de 2h à peine, nous atteignons Ghandruck. C’est là qu’est censé être notre troisième étape. Il n’est même pas 11h, et nous n’avons pas vraiment envie de nous arrêter après si peu de marche ! Nous traversons Ghandruck qui est d’ailleurs un bien joli village gurung. Les Gurung sont une ethnie de l’Himalaya. Ils sont connus pour leur façon spectaculaire et périlleuse de récolter le miel, à l’aide de grandes, très grandes échelles en bambou.

Au moment où nous visitons le village, les hommes ne sont pas occupés par le miel, mais plutôt à sacrifier moutons, buffles et chèvres. Nous sommes en effet en pleines festivités Hindous, celles de Dashain. Il s’agit de la plus grande fête de l’année, pendant laquelle les népalais rendent principalement hommage à la déesse Durga. Les festivités durent 15 jours, et chaque jour a lieu un événement, une prière, une cérémonie particulière.

Le huitième jour est donc celui où toutes les familles sacrifient une bête pour la déesse. La bête est ensuite préparée, pour un immense festin autour duquel se retrouve toute la famille, proche et lointaine. La bête la plus appréciée est parait il la chèvre, cette petite chèvre noire qui vit dans les montagnes! Le mouton est une viande réservée plutôt aux familles ayant moins de moyens, il parait que c’est moins bon que la chèvre.

Parfois aussi des buffles sont sacrifiés, mais là, il faut avoir une très grande famille, car ça fait un paquet de barbaque!

 

 

trek nepal annapurna

 

Passé Ghandruck, nous devons rejoindre Tolka. C’est normalement la cinquième étape, mais comme nous passons Ghandruck, elle deviendrait la quatrième. Puis en feuilletant notre guide, nous constatons que nous ne sommes pas très loin de Nayapul, notre point de départ. Nous avions prévu d’arriver à Phedi, mais Nayapul pourrait très bien faire l’affaire. De là, on pourrait facilement trouver un bus pour rejoindre Pokhara. Et ainsi rentrer 2 nuits plus tôt. C’est pas qu’on est pressés de rentrer, au contraire, nous serions bien restés dans la montagne, mais s’il avait été question de monter davantage. Tandis que là, les étapes sont à des distances plutôt ridicules, et on ne voit pas bien l’intérêt de se poser dans l’un ou l’autre village proposé.

On a aussi envie de dormir aussi dans un vrai lit, et de prendre une vraie douche. Voilà donc que nous nous décidons à rejoindre Nayapul le jour même, écourtant ainsi notre trek de 2 jours.

 

trek nepal annapurna

 

L’arrivée est promise à encore 4h de marche. Tout en descente, encore environ 1000m de dénivelé. C’est le moment le plus rude du trek, nos jambes commencent à être fatiguées, on traine un peu plus les pieds, nos mollets tirent. La descente semble sans fin, d’autant que nous retrouvons progressivement la chaleur de la vallée, le soleil est cuisant. Notre chemin longe à nouveau une très belle rivière, et cette fois ci, nous ne résistons pas : on s’offre un bon bain de pieds, dans une eau absolument glaciale ! Mais qu’est ce que ça fait du bien… On a l’impression que nos muscles retrouvent un peu de vigueur, quelques douleurs sont effacées, et on repart de plus belle. Le sentier est plat et régulier à nouveau, on s’esquinte moins les pieds.

Finalement, nous arrivons à Birethanti peu avant 16h, après près de 8h de marche. Nous sommes crevés, et un chauffeur de taxi en profite pour nous cueillir à l’entrée du village. Même si le prix est plus élevé que le bus, nous n’hésitons pas, et c’est avec bonheur qu’on s’affale au fond de sa voiture.

 

Pour finir l’aventure, notre chauffeur nous offre quelques jolies frayeurs. En effet, de Birethanti à Nayapul, la route est plutôt une piste par endroit détrempée, boueuse, et souvent toute en côte. Le taxi glisse et dérape, le fossé n’est vraiment pas loin. La voiture pourtant pas un 4×4 est bien brave, et affronte les énormes pierres qui jonchent la piste. Par moment, nous sommes presque sur deux roues, je ferme les yeux, craignant qu’on se renverse.

Pour finir, nous traversons même une rivière, l’eau entre dans la voiture, qui cogne et racle ensuite d’autres roches sur le sol… enfin, nous arrivons à NayaPul et à la route goudronnée, et une heure plus tard, nous sommes de retour à Pokhara…

 

Nous sommes fatigués, mais c’est une bonne fatigue. Et surtout nous garderons des images plein la tête. Cet endroit est une merveille, on comprend pourquoi tant de gens du monde entier viennent s’y presser. Physiquement, nous avons tenu la forme jusqu’au bout. Deux jours plus tard, nous n’avons plus aucune courbature.

 

La prochaine fois, on s’équipera mieux, et on partira encore plus haut!

 

 

 

 

☛ Retrouvez les photos de notre Trek Nepal Annapurna sur notre album Pinterest

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Si vous avez raté notre voyage au Népal:

 

 

Médias Népal

27 Commentaires

  1. Commentaire par Sly

    Sly Répodnre 24 octobre 2012 at 20 h 48 min

    Pfoooouuuuaaaaa ! Que ça avait l’air bien !!! Woahhhhhhh…!!! Comme vous dites, vous êtes privilégiés ! Quel beau trek, ça nous donne envie d’aller prendre le grand air !
    Les photos sont juste magnifiques…
    Reposez vous maintenant et bonne préparation de la suite ;-)
    Bizzzz !!!

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 31 octobre 2012 at 17 h 26 min

      oh que oui qu’on était bien là haut … une grande sérénité, c’est incroyable!

  2. Commentaire par Philippe

    Philippe Répodnre 24 octobre 2012 at 21 h 18 min

    Honnêtement, je crois que ce récit comble et récompense toutes nos attentes. Grâce à vous je me retrouve avec un rêve de plus à satisfaire. Le Népal vient d’entrer dans le top 5 des endroits où je dois me rendre…. Comment faire autrement quand on voit ces photos et votre récit…..
    Lydia je vois que l’endurance vient petit à petit….. Tu vas finir par être une randonneuse accomplie, et là tu as visiblement passé un cap. Si en plus le genou de Djoul tiens, alors là, plus rien ne vous arrêtera.
    Merci pour le trek :)
    Bisous à vous.

  3. Commentaire par Severine

    Severine Répodnre 24 octobre 2012 at 21 h 49 min

    Superbe…

  4. Commentaire par stef

    stef Répodnre 24 octobre 2012 at 21 h 59 min

    Salut les corageux, vous avez donné l’envie à Philippe de faire l’Annapurna !!!
    Frileuse comme je suis !!!! en tout cas bravo pour ce récit fabuleux et drôle par moment.
    Vous avez réalisé un super exploit. Bravo.
    Gros bisous.

  5. Commentaire par plume

    plume Répodnre 24 octobre 2012 at 22 h 29 min

    enfin, ça rappelle quand même bien les Alpes !

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 31 octobre 2012 at 17 h 24 min

      Oui, sauf que de là où on a pris les photos on est déjà à 3200m … les sommets autour avoisinent tous les 8000m, et ça, c’est quand même impressionnant. Mais c’est vrai que cette impression ne rend pas en photo :-)

  6. Commentaire par caro

    caro Répodnre 24 octobre 2012 at 23 h 10 min

    ouaaaa je suis admirative !! c est fantastique ce que vous faites , profitez en bien !!! tu le sais bien ma lydia je suis jaaaaaaaaaaaalouse !!!!plein de bisous

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 25 octobre 2012 at 11 h 51 min

      Bisous ma Caro !!!!!! ;-)

  7. Commentaire par fabienne

    fabienne Répodnre 24 octobre 2012 at 23 h 18 min

    Merci pour ce super récit! Le Népal faisait déjà partie de nos plans, mais là votre récit a finit de me convaincre! Et j’ai bien ri aussi, je note le coup du Rhum népalais pour lutter contre le froid! :) Vous avez pris des manteaux? nous pensions prendre uniquement des polaires et pull thermique, avec l’option d’acheter sur place un manteau, ça vous parait faisable de trouver quelque chose sur place?
    En tout cas je vous souhaite une bonne continuation dans votre aventure, c’est un plaisir de vous suivre!

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 31 octobre 2012 at 17 h 23 min

      Bonjour Fabienne, et désolés pour la réponse tardive … on a fait depuis un petit article qui reprend un peu les réponses à tes questions. Pour les manteaux, oui, vous trouverez tout à Pokhara. Par contre, la qualité n’est pas vraiment au RV, tout ou presque est de la contre façon … On a par exemple acheté des chaussettes dîtes de Trek de (fausse) marque Northface, et à l’usage, elles sont horribles !! On te conseille donc de prendre le max depuis la France. Moi j’avais un manteau Chiemsee qui a tenu au fond de mon sac jusque là sans peser trop lourd. Par contre, concernant les accessoires genre gourde, bâtons, etc .. pas de problème ;-)

  8. Commentaire par Baglioni Anne Marie

    Baglioni Anne Marie Répodnre 25 octobre 2012 at 18 h 08 min

    Quel régal !!! vous allez finir par convaincre Stef de trekker ! C’est dire le talent de conteuse de Lydia ! Même moi qui ai le vertige, vous m’avez donné envie d’y aller !
    bisous et attention au Rhum des alpages.

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 31 octobre 2012 at 17 h 19 min

      Faut avouer que le Rhum n’était quand même pas terrible … s’il n’y avait pas eu cette situation d’urgence, nous n’en aurions pas bu autant, c’est clair!!!

  9. Commentaire par Marco

    Marco Répodnre 25 octobre 2012 at 20 h 33 min

    Tout simplement magnifique !
    Des images époustouflantes ! Vous avez vraiment dû en pendre plein les yeux
    Au fait Djoul , ton genou ça va ?

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 31 octobre 2012 at 17 h 18 min

      Nickel le genou! même dans les descentes, il a pas bougé !

  10. Commentaire par Bea

    Bea Répodnre 28 octobre 2012 at 20 h 26 min

    Wahouh encore une superbe aventure :-) Le récit donne vraiment envie de suivre vos traces (mention spéciale pour le bon plan du rhum qui remplace notre traditionnel vin chaud !) & vos photos sont magnifiques ! Bizz

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 31 octobre 2012 at 17 h 17 min

      Oui, Béa, il faut venir par ici, c’est beau, apaisant, et l’adaptation est facile, rien à voir avec le pays voisin, l’Inde …:-)

  11. Commentaire par Elian

    Elian Répodnre 29 octobre 2012 at 17 h 31 min

    Je ne vous savais pas randonneurs ! C’est vrai que ton récit donne vraiment envie. Je viens de lire ton article aujourd’hui, et la météo locale permet de bien ressentir le froid que tu décris; on a eu du 20 ° C jusqu’à vendredi, et depuis samedi on avoisine le 0 °C ;-) ; il a meme neigé en Isere et dans le jura.

    Bises à vous deux.
    A bientot

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 31 octobre 2012 at 17 h 15 min

      On ne se savait pas randonneurs non plus ! On s’est “découvert” pendant le voyage … et on envisage déjà des randos au retour dans les Alpes ! On a un beau pays, on peut y faire plein de choses, mais on ne s’en rend pas forcément compte … sinon, l’Himalaya, ah bah oui, c’est beau quand même, rah la la … Que des montagnes de plus de 6000m :-)
      Bisous à vous deux aussi!

  12. Commentaire par Cécilia

    Cécilia Répodnre 21 juin 2013 at 14 h 30 min

    C’est dingue comment ce récit m’a donné envie de le faire aussi!
    Je suis moyennement sportive, et un trek “long” me fait peur, mais là qu’est ce j’ai envie de le rajouter à mes projets!! :)

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 21 juin 2013 at 14 h 43 min

      On est aussi “moyennement sportifs” Cécilia, et après ce trek on est devenus accrocs!!! c’est trop trop beau!!! On y retournera un jour, ça c’est sûr!

  13. Commentaire par Globetrekkeuse

    Globetrekkeuse Répodnre 27 octobre 2013 at 7 h 25 min

    Vous voilà prêts pour un trek aux sommets de l’Himalaya, pourquoi pas au Ladakh ?
    8 jours au Ladakh
    Quand à moi, je n’ai plus qu’à faire mon sac pour le Népal. Merci pour ce récit.

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 27 octobre 2013 at 10 h 22 min

      Un trek au Ladakh nous aurait bien bottés aussi, figure toi qu’on l’a envisagé… Mais! on ne pouvait pas tout faire… je vais lire ton récit en attendant, et peut être que nous pourrons le prévoir un jour futur? Merci pour ton passage chez nous ;)

    • Commentaire par Piotr

      Piotr 11 mars 2014 at 23 h 55 min

      Il y a en effet de beaux treks au Ladkh, été comme hiver… perso, après le Chadar en hiver et une tentative hivernal du Stok Kangri, il me faudra revenir dans le coin… :) et puis prendre ma revanche sur le Stok Kangri !

  14. Commentaire par Piotr

    Piotr Répodnre 11 mars 2014 at 23 h 52 min

    ” il pensait en effet que même son maillot technique serait de trop, et n’a pas voulu emporter sa polaire.” XD c’est le piège… même en Corse en été, on a froid le soir et le matin sur le Gr20 quand le soleil se couche alors avec les hautes montagnes à côté et les vents descendants, le froid peut débarquer rapidement…

    Vous auriez des fois la distance et le dénivelé totale + et – ? :)
    C’est pour faire de petits pronostiques…

  15. Commentaire par Guillaume

    Guillaume Répodnre 24 août 2016 at 21 h 31 min

    Magnifique récit avec de superbes photos et quelques éclats de rire!!! Je décolle pou Katmandou fin octobre et je vais tenter de marcher jusque Jomsom, en tant que bon débutant. Au moins je sais que je vais devoir porter des vêtements chauds. Un grand merci pour le partage et j’espère que le virus des voyages s’est bien insinué en vous. A bientôt peut-être sur la route…

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 11 septembre 2016 at 21 h 05 min

      Bonjour Guillaume, merci pour ton commentaire :) Oui, n’oublie pas les vêtements chauds! Bon trek en tous cas, quel régal!

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