La plage, les poissons et les carte bleues

18 août 2012

Nous continuons notre périple en Indonésie. Après Ubud, nous passons quelques jours à Lovina.

Nous partons là bas tout d’abord, afin d’entamer notre parcours vers Java. De Lovina, nous pensons rejoindre Gilimanuk, port de Bali. De là, un Ferry nous mènera sur l’ile voisine.
A Java nous voulons voir peut être le Mont Bromo, Julien est curieux de découvrir son paysage lunaire. Puis Yogyakarta, avec Borobudur, plus grand temple bouddhiste au monde, et Prambanan. Ensuite nous remonterons vers Jakarta d’où notre avion part le 23 pour notre prochaine destination, Kuala Lumpur.

Le parcours du combattant

Ça c’était nos plans avant de savoir que sur Java se célébrait la fin du Ramadan, pile au moment où nous voulions nous y rendre. C’est en commençant à chercher des transports depuis Lovina qu’on s’est rendus compte que tout n’allait pas être si simple.

La fin du Ramadan sur Java, c’est un truc énorme. Elle entraine ce qu’on nomme la deuxième plus grande transhumance après celle du nouvel an Chinois. Les Indonésiens bénéficient de jours de congés après cette période de jeûn, et ils en profitent alors pour rejoindre leur famille. C’est un peu comme si, en France, il n’y avait qu’une seule période de vacances, et que pendant une dizaine de jours, il y avait environ 30 millions de gens en transit …

Pour rejoindre Yogya, les shuttle bus normalement réservés aux touristes comme nous ont été pris d’assaut par les locaux. Inutile donc d’imaginer emprunter un Bémo … (transport local ) ceux là doivent être littéralement surchargés pendant toute cette période. Plusieurs shuttle bus privés étaient déjà pleins, les autres étaient hors de prix, pratiquement le double du prix classique!

On aurait pu rejoindre Yogya, mais une fois là bas, comment rejoindre Jakarta ? Le train est normalement un bon moyen, mais là ? Aurait-on eu de la place ? Dans quelles conditions aurait-on voyagé ?
Nos âmes d’aventuriers ayant quelques limites, nous décidons finalement d’annuler nos visites sur Java. Tant pis, on devra revenir ! Par contre, nous devons tout de même aller à Jakarta puisque notre prochain vol part de là bas.
Alors on se dit qu’on va prendre un vol Denpasar/Jakarta, qu’à cela ne tienne. Et oui, c’est facile de prendre un billet d’avion de nos jours, hop, hop tac, tac, deux trois clics sur internet, et le tour est joué…

Ça c’était nos plans, avant de savoir que nos CB ne nous permettraient pas ce genre d’opérations

Vous connaissez le système mis en place par les banques très sérieuses, qui voulant assurer la sécurité des usagers, demandent un code de confirmation envoyé par SMS avant de valider un paiement en ligne ? Et bien nous avons été ravis d’apprendre que nos 3 banques l’utilisent ! C’est fantastique, parce qu’on se sent vraiment bien protégés… sauf que quand on n’a pas de réseau, et qu’on ne peut pas recevoir le SMS, et ben c’est la galère … ! On avait déjà eu le problème pour notre vol Jakarta/Kuala Lumpur, et là c’est la mère de Julien qui s’était occupée de le prendre pour nous, depuis la France. Mais pour ce coup ci, c’était pas possible, ou du moins on n’a pas voulu tenter. En effet, Lion Air demande apparemment qu’on présente la CB avec laquelle le paiement a été effectué lors du passage à l’aéroport. Argh..

 

Plage Lovina (4)

 

Bon finalement, on s’en est sortis, on est passés par une agence, moyennant une commission d’une douzaine d’euros, on a eu nos billets.
Mais ça nous a « bien » occupés. Pas évident de profiter des journées et de se détendre tranquillement quand on ne sait pas quel sera le programme des prochains jours, et surtout quand on a un impératif d’avion à respecter!

Du coup, on est restés presqu’une semaine à Lovina.

Et ce village qui de prime abord nous a paru sans charme, un peu désuet, restera finalement un des très bons souvenirs de notre voyage sur Bali.

 

Plage Lovina (2)

 

 

Lovina est une petite station balnéaire située au nord de l’île. Elle est sur la route allant de Singaraja à Gilimanuk. Et il n’y a pas grand-chose à « y faire ». Pas de spot touristique, pas de quoi vous en mettre plein la vue, pas de quoi dépenser plein d’argent pour avoir l’impression qu’on a fait des trucs terriiiiiibles ! La plage est quelconque, pas de celles qui permettent de faire de jolies photos pour faire baver les copains au retour de vacances !
Le seul intérêt ici, c’est peut être les dauphins. Tous les jours des rabatteurs, scooter au vent tournent et virent à la recherche de nouveaux blanc becs qu’ils pourraient amener « see the dolphins » … c’est pénible le rabattage, comme toujours, mais on a finit par comprendre qu’ils n’avaient pas beaucoup d’autres solutions pour gagner trois sous

Poutou, Maria, Adi et les autres

Tous les jours nous faisons notre petite balade sur la plage. Et tous les jours nous rencontrons les mêmes vendeurs. Au départ l’échange est rapide et impersonnel. Et puis ils comprennent qu’on n’achètera pas, et ils sont curieux. Ça tombe bien, nous aussi.

Maria vend des fruits, bassine en équilibre sur sa tête, elle arpente « sa » plage tous les jours à horaires fixes. Ils ont des « areas » à respecter, personne n’empiètera sur le territoire de l’autre. C’est marrant de voir ces règles mises en place dans un univers sans structure ! Maria a quatre enfants, et son mari est malade. Tout ce qu’ils ont provient donc du travail de Maria sur la plage. C’est maigre ! Mais pour manger, les gens ici … cuisinent!

Pas comme nous qui achetons (souvent) des trucs tout faits, des préparations à ci, à ça, qui consommons des snacks, des pizzas, toussa … Dans les supermarchés on voit bien la différence d’ailleurs. Pas ou peu de rayons frais ( ceux chez nous où il y a une multitude de yaourts de toutes les sortes, de jambons comme ci ou comme ça, de pâtes toutes faites, de pâtes tout court etc …) Ici, on va au marché, les gens cultivent leurs légumes, élèvent leurs poulets, ramassent leurs œufs. Et sinon, ils troquent. C’est le genre de truc qu’on faisait chez nous avant que Carrefour and co viennent « libérer » la ménagère et bousillent au passage quelques habitudes traditionnelles et familiales. Bref.

Donc ici, le budget « bouffe » ne doit pas être énorme.

Non, ce qui coûte cher à Maria, c’est l’école de ses enfants, et toutes les cérémonies religieuses qu’elle se doit d’honorer pour eux. Apparemment il y en a pas mal, et pour y faire face Maria a emprunté des sous. Pas à la banque, mais à des gens qui en ont, et qui ont des terres aussi. Les riches du village quoi. Et elle a honte parce que chaque matin ils viennent taper à sa porte pour réclamer leur dû. Elle a emprunté à 5 personnes, alors ça se bouscule au portillon. Les voisins houspillent Maria « mais pourquoi tu as fait ça ? » … elle leur doit 3 millions de roupies (250€) à un taux d’intérêt de …. 20% … Une somme colossale pour elle.

Maria ne se plaint pas, elle ne mendie pas. Elle nous raconte sa vie, un p’tit bout, c’est tout. On compare un peu avec la notre, c’est normal. Maria n’est jamais sortie de Lovina. Elle espère que ses enfants pourront aller à l’université de Singaraja, à 15Km d’ici. Elle pourra peut être les accompagner, et voir « la ville »

 

Plage Lovina (32)

 

 

De fabuleuses découvertes

Et puis finalement nous sommes allés voir les dauphins … et les poissons sous l’eau aussi ! Première sortie snorkelling pour nous deux. Et aux dires de plongeurs aguerris qui étaient de la partie, on a eu droit à un très beau baptême !

Nous sommes partis sur le site de l’île de Menjangan. Jusqu’à ce moment là, on ne comprenait pas toujours l’engouement des gens pour un spot de snorkelling, qui dés qu’ils arrivent sur un site, hop, masque et tuba en place, s’empressent de plonger. Et maintenant qu’on a testé, on en redemande … on envisage même de passer 15 jours en Thaïlande consacrés à la plongée, la vraie. (pour les novices, il y a snorkelling : masque et tuba, et diving : plongée en bouteilles) A suivre.

 

Indonesie 15 aout - Dauphins 152

 

 

Cette expédition a permis également que l’on rencontre un couple de Montbrizon, Clo et Mathieu, avec qui nous avons passé ensuite une très bonne soirée…Les z’amis, on espère que vous êtes bien rentrés, que vous avez bien profité sur Lombok, qu’on aura de vos nouvelles … et qu’on se boira cette bière à notre retour ! Clo, j’ai littéralement avalé ton livre, lecture idéale pour les après midi plage, encore merci !

 


 

Si vous avez raté le début de notre voyage en Indonésie:

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