Déchets en Inde: ça déborde!

22 septembre 2012

La route continue, les paysages défilent et pourtant le constat est évident: l’Inde du Nord est envahis de déchets, résultats d’une modernisation mal gérée et de l’absence totale d’éducation des populations.

 

 Sur la route de Jaisalmer, une étape est prévue dans le désert

Nous arrivons à Khuri, petit village dans le désert du Thar. Là nous sommes censés faire un safari à dos de dromadaire, puis profiter d’un spectacle folklorique, et enfin dormir soit à la belle étoile dans le désert, soit dans une maison aux murs enduits de bouse de vache. Ma peur chronique des insectes pousse notre choix vers la maison en bouse de vache. Mais quand nous découvrons notre demeure, je recule. Non, ça n’est pas possible. C’est vraiment trop trop, trop sale. Même si c’est que pour une nuit, je ne peux pas. Le programme de la soirée parait sympa, mais c’est quand même un “spécial touriste”, sans vraiment rien d’authentique.

La seule bonne raison qui pourrait justifier d’y participer c’est peut être parce que ça aide les villageois à survivre.

 

Inde 21 Septembre - Route de Jaisalmer - Khuri 068

 

Julien n’ayant jamais fait de safari à dos de dromadaire, nous y allons. En fait de Désert, il y a plutôt une bande sable au milieu d’une étendue plus verte. Mais le paysage est tout de même plaisant, et c’est calme. Nous attendons le coucher du soleil, bientôt rejoint par un, puis deux, dix, vingt autres touristes. Assis dans le sable, nous avons droit au défilé de Jojo et sa-chanson-d’accueil-dans-le-désert, puis Momo, vendeur de boissons fraîches, et aussi Fifu, lui il n’a pas de bras.

Défilé pathétique représentant la misère de ce pays, et pour laquelle on ne peut rien, ou pas grand-chose.

Après le safari, nous retournerons finalement à Jaisalmer.

 

Déchets en Inde: ça déborde!

Près de 900 km parcourus, les paysages ont changé, mais c’est toujours le même constat. L’Inde, le Rajasthan est un endroit vraiment sale, pourri. Il n’y a pas d’autres mots, et minimiser la chose, ou tenter de l’ignorer nous semble totalement impossible.

Nous avons visité des forts, des temples, et d’autres endroits ces derniers jours. Nous avons essayé de nous en enchanter, de nous émerveiller, de ressentir quelques choses. Mais une chose venait par-dessus tout, c’était la saleté, partout. Et tout ce qu’on sentait étaient les odeurs d’ordures, de bouses et autres saletés en décomposition.

 

Inde 24 septembre - Ranakpur 022

Inde 25 septembre - Kumbhalgarh Fort (29)

 

 

A chaque visite on ne peut s’empêcher de penser qu’heureusement il y eut des Maharadjahs fût un temps pour construire des palais merveilleux et donner un attrait au pays. Vraiment. Parce que quand on pense à ce que les contemporains ont à laisser comme trace, ça ne fait pas vraiment rêver.

Sri nous montre hier une vache au ventre difforme. Nous sourions car nous la pensons « pleine ». Elle l’est. Pleine de plastique, et comme elle ne pourra pas s’en débarrasser, elle va bientôt mourir.

C’est qu’ici, les vaches se baladent partout, librement. Elles se dirigent vers les villes afin de se nourrir des poubelles. Seulement ne sachant pas vraiment faire de distinctions, on les voit manger des cartons, des sacs plastiques. Les Indiens, soi-disant soucieux de la longévité de ses bestioles sacrées se creusent la cervelle …Que faire ? Le gouvernement parait-il demande aux gens de ne plus utiliser de plastique.

C’est un bon début. Par contre, arrêter de jeter les déchets par terre, non ? Ah non, bon. Et enfermer les vaches dans un enclos, comme chez nous, non ? Ah non, bon.

 

Inde 30 septembre - Route Jaipur (15)

 

On a vu des indiens marcher, marcher. Des kilomètres, deux cents kilomètres parfois. Parce que c’est le festival en ce moment, il faut aller prier Ganesh. Ils marchent, marchent. Par centaines, par milliers, des jours entiers. A une dizaine de kilomètres du fameux temple, les bas côtés sont couverts de milliers de sandales. Parce que, pour bien faire, il faut finir la route pieds nus.  Il y a donc des monticules de chaussures. Par contre, les chaussures, ils les récupèrent après la prière, non? Ah non, bon. Sri semble interloqué par ma question: il ne se l’était jamais posée en fait.

On demande à Sri pourquoi il y a des poubelles partout. Il nous explique que c’est le vent qui pousse les ordures. Voyant que nous ne sommes pas convaincus, il nous dit que simplement les gens, éduqués ou non, n’en ont rien à foutre … Plus d’un milliard d’habitants, et ils en ont rien à foutre.

On pourra nous dire que l’on s’attarde sur un détail. Mais c’est un GROS détail

On se souvient que le Sri Lanka nous a émerveillés, tant sa nature est belle, forte, généreuse. Et propre. On se souvient que là bas, ils ont compris qu’on ne peut pas prendre de la nature sans lui rendre. Un pays qui a écopé d’un Tsunami, de 30 ans de guerre civile pourtant. On pourra pas dire qu’ils avaient toutes les chances de leur côté !

On pourra pas dire que c’est juste à cause que les indiens, ils sont pauvres. D’ailleurs ils ne le sont pas tant que ça. Pas tous. Il y a beaucoup de pauvres, une grande misère. C’est certain.

 

Inde 30 septembre - Route Jaipur (5)

 

 

Mais les autres, ils foutent quoi? On sait, on a bien compris, tout ça vient surtout de leurs histoires de castes. Si un Indien ne fait pas partie de la caste des ramasseurs d’ordures, alors il ne les ramassera pas, c’est aussi con que ça. Et pire, il jettera les siennes devant lui, parce qu’il faut vite se débarrasser de la saleté. Et ensuite il ira se purifier dans le Gange, où la pollution est quasi identique à celle de nos égouts. Ok, c’est leur système, ils n’en connaissent pas d’autres.

Mais le gouvernement, les gens instruits, il y en a bien non? Y’en a t il seulement qui ne pense pas qu’à profiter de la mondialisation pour s’en mettre plein les poches? Qui pensent encore à l’avenir de leur pays?

 

Est-ce que quelqu’un leur a dit qu’ils n’étaient que locataires sur la planète? Et qu’après eux, il restera quoi, à part des monticules d’ordures?

 


Si vous avez raté notre voyage en Inde:

 

 

 

2 Commentaires

  1. Commentaire par Olivia

    Olivia Répodnre 9 avril 2017 at 19 h 09 min

    Bonjour,
    Je suis actuellement en Inde et je ne peux que constater également la quantité de déchets présente partout, et c’est déprimant. Mais parce que l’Inde, ce n’est pas que cela, je vous invite à lire le livre passionnant de Bénédicte Manier (qui a écrit “Un million de révolutions tranquilles”, que je recommande aussi) “Made in India, le laboratoire écologique de la planète” (http://www.premierparallele.fr/livre/made-in-india) qui permet d’avoir une autre vision de ce pays si particulier.
    Bien cordialement,
    Olivia
    http://cheminentete.com/

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 11 avril 2017 at 2 h 29 min

      Oh merci beaucoup pour la découverte Olivia, c’est un bouquin qui m’intéresse, tant j’ai pu me sentir démunie face à catastrophe écologique en Inde (et ailleurs dans le monde bien sûr!)

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