Portugal Road-Trip: 4 jours à Porto

28 juin 2017

Porto fut notre porte d’entrée au Portugal. De toutes nos étapes, c’est peut-être celle dont nous en attendions le moins. Nous voulions la voir, un peu « pour dire que », mais sceptiques quant au fait qu’elle puisse nous laisser un souvenir impérissable. Nous l’imaginions petite et complexée, brumeuse et défraîchie, passivement tapie dans l’ombre de Lisbonne. Les photos que nous avions vues d’elle ne lui rendent pas hommage : il faut dire que la ville souffre, il est vrai, d’une « légère » décrépitude… des années pauvres dont elle peine à se débarrasser, s’accrochant, presque noyée, à la bouée du tourisme qui s’intéresse à elle depuis quelques années. Non, Porto n’est pas « belle », elle n’est pas « grande », ni « flamboyante ».

Mais Porto a une âme, et cela vaut bien tous les superlatifs du monde

Nous avions envie de voir le Portugal depuis longtemps. Un pays si varié, dont on n’a eu de cesse de nous vanter les paysages, la quiétude et la gastronomie. Alors peut-être aussi avons-nous posé un œil un peu trop enthousiaste sur Porto.

Après tout, tout n’est que question d’état d’esprit, n’est-ce pas ? Le nôtre était à la fois serein et avide de découvertes au moment où nous avons posé le pied dans ce nouveau pays. Rejoindre le centre-ville de Porto se fit avec légèreté, malgré le poids de nos bagages encore trop nombreux et celui de notre petit bonhomme, rompu par une journée de trajet. Nous quittions la France sous un temps menaçant et c’est soleil et chaleur qui nous accueillirent à Porto. Et puis, la ville était en fête, on célébrait la Queima das Fitas, ce moment de l’année où les 350 000 étudiants de la région « brûlent » leur ruban pour célébrer la fin des examens. La joie était palpable, partout où l’on posait le regard.

350 000 étudiants dans les rues de Porto, ça fait du bruit!

Nous avions choisi un logement en plein cœur de la ville. Tant pis pour le bruit, nous voulions être au plus près de l’action, et puis on se reposerait après, lors de nos prochaines étapes. Situé à quelques pas de la Tour du Clergé, notre petit appartement était un mini-concentré de la ville. Il était petit et biscornu, ancien, retapé à la hâte, bricolé, et meublé de bric et de broc. Pourtant, on s’y sentait bien. Nous avons passé des heures, une fois le petit couché, à observer du balcon la vie défiler sous nos pieds. Scrutés à notre tour par la vieille dame de l’immeuble voisin qui passait son temps à apostropher, siffler et commenter les moindres faits et gestes des passants. Le linge pendait aux fenêtres, et dans la rues, les mobylettes crépitaient dés 6h du matin, juste après qu’oiseaux de nuit et autres fêtards aient enfin rejoint leur nid. Porto est une ville qui ne dort pas et nous n’avons pas trop dormi nous non plus, parce que nous ne voulions pas en perdre une miette.

La tour du Clergé, Porto

À peine arrivés, nous sommes allés nous balader, prendre nos repères. Comme je vous l’ai dit déjà dans l’article précédent, je serais incapable de dresser un « top 5 des choses à voir à Porto »… Parce qu’on n’a suivi aucune règle d’une part, aucun guide, et que ce ne serait pas lui rendre suffisamment hommage que de la cantonner à une liste de bâtiments ou de sites. Finalement, ça ne veut pas dire grand-chose. Ces listes permettent de se repérer, de ne pas se perdre.

Or, il faut justement se perdre à Porto

Il faut en arpenter les rues, sans savoir où l’on se trouve, sans savoir où l’on va. C’est ainsi que l’essentiel se dessine, au fil des rues, au fur et à mesure des bâtisses, des places et des ruelles escarpées. Au hasard de nos pérégrinations, nous sommes passés devant des lieux connus. Oh, ici c’est la librairie Lello, celle qui aurait inspiré JK Rowling, l’auteure d’Harry Potter. Oh, et là, c’est la Tour des Clercs ! En même temps, on ne peut pas la louper, elle qui se dresse fière et droite comme un “i”. Allez, on monte ! Nous voulions voir la vue de là-haut. Quelques marches montées à la volée, et nous voici au sommet, surplombant Porto. On se repaît quelque temps d’une vue qui nous permet de prendre toute la mesure de l’endroit où l’on se trouve avant de redescendre. Les estomacs s’agitent, il est tard. C’est l’heure à présent de faire nos premiers pas dans la gastronomie portugaise !

Vue depuis la Tour du Clergé

Et cette entrée, nous avons voulu la faire en grande pompe. Pour l’occasion, nous sommes descendus jusqu’aux rives du Douro. Où l’on s’est baladé et où l’on a admiré le Pont Dom Luis avant de nous engager sur le Muro dos Bacalhoeiros. On y trouve plusieurs restaurants dont les terrasses offrent toutes une vue imprenable sur le fleuve, et c’est le Vinhas D’Alho qui a fait toute la différence. Une carte semi-gastro, des plats harmonieux, subtilement accompagnés d’une dégustation de Porto : nos premiers pas sont bel et bien faits, et on s’en souviendra !

Sur les rives du Douro

Le lendemain, nous sommes partis en direction du quartier commerçant de la ville. Nous avons pris le métro et comme on n’a pas compris grand-chose de prime abord, on y a passé beaucoup trop de temps. Le fonctionnement est pourtant simple, mais c’est nous qui n’avions rien saisi !

Et puis on se rendra compte par la suite qu’il n’est pas vraiment utile d’utiliser le métro, tout se rejoint bien à pied, même s’il faut parfois grimper quelques rues abruptes ! Après avoir flâné au hasard des rues, nous nous sommes retrouvés devant le Mercado do Bolhao. Le marché principal de Porto est classé monument historique et beaucoup sont parait-il déçus en le découvrant. Et bien nous, il nous a enchantés ! Peut-être parce qu’il nous a rappelé, par son ambiance et son architecture, celui d’Arequipa, au Pérou. Peut-être parce que le soleil qui brillait ce jour-là lui donnait un éclat tout particulier, toujours est-il que nous avons choisi d’y déjeuner et bien nous en pris ! Une table recouverte d’une nappe à carreaux, des plats lancés à la volée par un patron qui cache sous un air bougon un cœur en réalité gros comme ça, une ambiance joyeuse faite de conversations aussi brouillonnes qu’animées ont fait de cet endroit l’un de nos coups de cœur du séjour.

Parmi toutes les découvertes, il y avait bien sûr celle des azulejos, ces carreaux de faïence si caractéristiques du Portugal. Impossible de les louper ! Partout, les bâtiments en sont recouverts, dans un ensemble plus ou moins harmonieux mais toujours très original.

La salle des pas perdus de la gare de Sao Bento est une pure merveille et pour l’apprécier pleinement, on vous conseille de vous y rendre en fin d’après-midi lorsque le soleil tombant transperce les vitraux, éclairant les fresques murales d’une lueur enchanteresse.

La Salle des pas perdus de la Gare de Sao Bento à Porto

Un autre coup de cœur, le Jardin des Oliviers, sur la Praça de Lisboa. Nous l’avions aperçu du haut de la Tour des Clercs, avec son tracé si particulier, il nous fallait la voir de plus près. Il s’agit d’une place à double étage. Au rez-de-chaussée, des boutiques et quelques cafés et au-dessus, des jardins paisibles et ensoleillés. Ambiance bar lounge, musique et farniente au soleil : un délice !

Porto bien sûr, c’est aussi les caves de Porto. Et vous savez quoi ? Et bien nous n’y sommes même pas allés ! Abus de Porto dès le premier soir (entre la dégustation au restaurant et la bouteille laissée par notre hôte dans notre appartement) et météo capricieuse ont eu raison de notre motivation. Et puis c’est un moment dont nous avions envie de profiter à deux et que l’on se garde à l’occasion d’un prochain city-trip en amoureux ! Car si Porto ne fut de prime abord que la porte d’entrée du Portugal, elle est une ville que l’on rêve aujourd’hui d’explorer à nouveau, à l’occasion d’un weekend prolongé …

 


Infos pratiques

Notre logement :
Trouvé sur Airbnb, il était situé dans la rua Arquitecto Nicolau Nasoni, à deux pas de la Torre dos Clérigos et donc, du cœur de la ville. Au 2ème étage, propre, 2 chambres, un petit salon et une cuisine séparée, salle de douche avec w.c.. Les gros avantages sont sa situation et le fait que l’on puisse arriver à toute heure, les propriétaires possédant un restaurant situé dans la même rue. Il suffit de s’y rendre pour obtenir les clés lorsque l’on arrive. Inconvénient, les fenêtres à simple vitrage laissent passer le bruit, et il y en a à toute heure !

Nos restaurants :

  • Pour un repas chic et semi-gastro: Vinhas D’Alho, sur les rives du Douro, on en parle un peu plus haut.
  • Pour un repas familial, ambiance cantine ultra-bienveillante: O Caraças – Rua das Taipas 27, 4050 Porto. On mange ce qu’il y a, en général il y a deux plats à l’ardoise et aucune carte. Viande pour Julien, poisson pour moi, préparation et cuisson parfaites !
  • Pour un repas entre amis, ambiance un peu lounge et délicieuses tapas: le Restaurant Caldeireiros – Rua dos Caldeireiros 139, Porto. La Sangria est parfaite et le service très agréable.
  • Pour un petit déjeuner en pleine nature, au coeur de Porto: poussez la porte du Yours, une guesthouse où il est possible de profiter du petit déjeuner sans y séjourner. Il y a un charmant petit jardin ensoleillé au fond, les produits sont simples mais délicieux.

Pour rejoindre Porto :
En avion, nous avons trouvé nos billets sur le comparateur GoEuro qu’on utilise d’ailleurs assez régulièrement. Simple, efficace, il permet aussi de trouver les meilleurs tarifs de bus et de train (et de se rendre compte qu’un A/R Lyon-Paris en avion est moins cher qu’en train, découverte du jour !) Paris et Porto sont quant à eux reliés par des vols directs depuis Orly, et nous sommes pour notre part partis de Lyon St Exupéry, en vol direct également. Parmi les compagnies, EasyJet, Transavia et Ryanair sont celles, sans surprise, qui proposent les tarifs les plus intéressants.

Depuis l’aéroport internacional Francisco Sá Carneiro, il est facile de rejoindre le centre-ville. En taxi, le trajet dure 20 minutes pour un coût de 20 € environ. Mais le métro est très accessible, pratique et bien moins cher ! Il suffit de prendre la ligne E en direction d’Estadio do Dragao. Nous sommes descendus à Bolhão pour ensuite rejoindre São Bento, la station la plus proche de notre logement. Le tout, en une trentaine de minutes. Les métros, les stations sont très propres (mais qu’est-ce qui n’est pas propre au Portugal, sérieusement ?)

Pour se déplacer à Porto :
Nous avons quelquefois pris le métro, dont les lignes convergent toutes vers la station Trindade. Le prix du billet est de 1,90 €, ce qu’on a trouvé relativement cher, vu la taille du réseau. Mieux vaut circuler à pied, c’est de toute façon bien plus agréable et pratique pour découvrir la ville !

 

Portugal Road-Trip: 4 jours à Porto, un article à épingler!

 

 

1 Commentaires

  1. Commentaire par Hanane

    Hanane Répodnre 29 juin 2017 at 9 h 26 min

    magnifique destination !! Porto m’attire de plus en plus

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