Escale londonienne…imprévue!

5 juillet 2013

Le 23 mai dernier, nous quittions Montreal. Nous nous mettions en route pour ce qui devait être le dernier trajet de notre voyage.

Inutile de vous dire que la joie n’y était pas. Le coeur gros, bien plus lourd que notre sac à dos, on a dit «Au revoir» à une ville et un pays que nous avons à peine eu le temps d’effleurer: le Canada, c’est sûr, on y reviendra.

Sur le chemin de l’aéroport, les images qui défilent sous nos yeux se mêlent à celles que l’on se remémore en silence. L’aventure qui se termine bientôt a été tellement puissante, extraordinaire qu’on ne s’en remettra pas comme ça. On se raccroche aux souvenirs qu’on en a, on les revit encore, pour ne pas les oublier, jamais.

Nous décollons le jeudi soir à 22h de Montréal

Magie du décalage horaire, nous arriverons le lendemain à 9h30 à Londres. De là, nous aurons une escale d’environ 6h avant de prendre notre dernier, tout dernier vol de notre voyage. Des questions se posent d’ailleurs à ce moment là. Aurons nous le temps de sortir, «voir» Londres? 6h, c’est court, mais pour moi qui n’ai jamais eu l’occasion de venir en Angleterre, la tentation est grande. Julien, lui,  connait un peu la ville. Il l’a découverte à l’occasion d’un voyage scolaire tout d’abord, puis il y est revenu plusieurs fois, pour rendre visite à son ami expatrié.

On verra, peut être aurons nous le temps. Et la force aussi, parce qu’on est déjà épuisés, et le voyage qui s’annonce ne sera pas reposant.

A 9h30, finalement, nous n’avons toujours pas atterri. Les yeux embués, mal réveillés, il n’est que 4h30 pour nous, on comprend que nous allons finalement nous poser à Cardiff, au lieu de Londres. Le temps de resituer la ville sur notre mappemonde mentale, on s’étonne: mais ça n’est pas vraiment près de Londres, ça??!

C’est qu’il y a eu un incendie à Heathrow, nous apprend-t-on enfin, sans nous donner toutefois plus de détails. L’avion tournoyait depuis plusieurs minutes au dessus de Londres dans l’attente d’une autorisation de se poser qu’il n’aura finalement jamais. A Cardiff, nous attendons sur la piste, toujours calés dans l’avion. 1h, puis 2h se passent, raccourcissant d’autant notre escale londonienne.

 

Le sort a décidé pour nous, nous n’irons pas visiter Londres!

Vers 12h, nous repartons. Pour atterrir moins d’une heure plus tard en terre anglaise, enfin. Nous sortons à la hâte de cet avion qui nous a déjà retenus trop longtemps. On se sent sales, on est fatigués, et puis on a faim, soif.

Mais aussitôt le pied posé dans le terminal, nous comprenons que la journée est loin d’être terminée. Et qu’on risque même de ne pas dormir chez nous ce soir: devant nous, des milliers de personnes s’alignent dans une file immobile. Le passage est bouché, et dans un premier temps nous tentons d’avancer, nous ne sommes peut être pas concernés par tout ce raffut? D’ailleurs on ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe. Il n’y a aucune information, aucun panneau lumineux qui nous donneraient le moindre indice sur la situation en cours.

Une pauvre employée qui semble complètement larguée hurle d’une voix cassée des mots qui ne sont pas audibles. On lui tend notre billet, celui qui annonce notre transit jusqu’à Londres, il est prévu à 16H, et il est à peine 14h. La fille jette un oeil, tapote sur son téléphone, écoute et nous lance: «your flight is cancelled, you have to rebook. Next!»

Comme tous les gens agglutinés ici, notre vol est annulé. Sans autre explication, on nous dit de patienter, de rester dans cette file qui n’avance pas, et d’attendre un éventuel reclassement.

Finalement, après 3h de queue, de courses à travers les terminaux, d’informations erronées, de contre informations, et de désinformations, nous arrivons à booker notre vol pour Lyon.

Nous pourrons quitter Londres dimanche à 16h, soit dans 2 jours

En attendant il nous faut trouver un endroit où dormir. Dans une ville que nous ne connaissons pas suffisamment, sans que nous ayons pu nous renseigner avant, un vendredi soir, et depuis un aéroport ne proposant qu’une connexion internet capricieuse: ça n’est pas tout à fait gagné.

On essaie de voir avec British Airways, après tout, c’est eux qui ont annulé le vol. Bien évidemment, ils sont tous dépassés par la situation. On apprendra plus tard qu’au total 192 vols ont été annulés ce jour là. En prenant une moyenne basse de 100 passagers par vol, cela voudrait dire que nous sommes à peu près 19 000 personnes à errer dans les terminaux, à la recherche soit d’un autre vol, soit d’un hôtel ou d’une solution de remplacement.

Les consignes de British sont on ne peut plus claires: on doit se débrouiller seul, hormis pour le rebooking dont ils peuvent s’occuper. Mais hôtel, transfert etc, c’est notre affaire. On cherche, on paie, et on se fera rembourser après.

Bien qu’ayant passé 1 an autour du monde, à chercher des logements dans des conditions parfois un peu folklo, pour le coup nous sommes totalement dépassés.

Enervés, épuisés, affamés. Mais notre moral reprend le dessus, ce qui n’est pas le cas des gens qui nous entourent: on en croise beaucoup qui pleurent, qui crisent, ou d’autres encore qui planent complètement, et attendent, en pensant que la compagnie va leur trouver un hôtel. Ces derniers attendront tellement longtemps qu’ils se retrouveront finalement à dormir dans le Terminal, sous une couverture généreusement prêtée par British Airways. On les retrouvera 2 jours plus tard, prenant le même vol que nous.

Comme la plupart d’entre eux, nous avons fait la queue devant la centrale de réservation de l’aéroport.  L’employé nous annonce qu’il ne reste plus aucune chambre en dessous de 300£. Nous sommes vendredi, veille d’un long week end de mai, et de la finale de la Ligue des Champions. Et il y a 19 000 personnes derrière nous qui attendent pour exactement la même chose.

Oups! le hic, c’est qu’il faut avancer la somme.

Et je ne sais pas si vous vous figurez l’état du compte bancaire de deux tourdumondistes sur le retour, ce doit être à peu près le même que celui du Ministère de la jeunesse et des sports en Ethiopie: proche de 0.

Bref, on re-crise, encore. On tourne et retourne le problème pendant encore quelques heures, on cherche, et on trouve finalement un hôtel un tout petit peu moins cher dans le quartier de la City. Certes, on aurait pu prendre un hôtel excentré: mais tant qu’à faire, et puisqu’on sera remboursés, autant passer ces 2 jours dans un cadre agréable, et proche du centre.

Après plus de 6h, nous quittons enfin l’aéroport. 1h plus tard, nous arrivons à l’hôtel, plus que complètement raides.

On déballe nos sacs que l’on croyait avoir fait pour la dernière fois. La veille, nous les avions remplis solennellement, la larme à l’oeil, pensant qu’on ne les viderait plus qu’une fois en France.

Quelle chance, finalement, que ce petit week end londonien improvisé. Quelle belle façon de boucler notre aventure!

En plus, on de la chance, il fait beau.

Après une grosse nuit et une bonne matinée de sommeil, nous partons donc visiter Londres…

 

 

escale a londres

escale a londres

escale a londres

escale a londres

escale a londres

escale a londres

escale a londres

 

 

 

 

Ce que dit la loi…

Si vous vous retrouvez un jour dans une telle situation, sachez ce que prévoit la réglementation européenne:

 

“Refus d’embarquement, annulation, retard

Compte tenu des désagréments occasionnés par ces événements, les transporteurs aériens sont soumis à des obligations de compensation envers leurs clients.

Ces obligations découlant d’un règlement européen, elles s’appliquent donc à tous les vols au départ ou en provenance de l’Union européenne (plus la Norvège, la Suisse et  l’Islande), ainsi qu’à tous les vols exploités par une compagnie communautaire.

Dans tous les cas (refus d’embarquement, annulation ou retard d’au moins 2h), sont offerts gratuitement aux passagers :

  • un repas et des rafraîchissements (en fonction du délai d’attente)
  • un hébergement à l’hôtel ( si l’attente dure au moins une nuit ou si le passager doit ajouter une nuit d’hôtel à son séjour) ainsi que le transport jusqu’au lieu d’hébergement
  • la possibilité d’effectuer deux appels téléphoniques ou d’envoyer deux messages (télex, télécopies, courriels)

 

En plus des compensations prévues ci-dessus, une indemnité forfaitaire est appliquée. Les passagers doivent  ainsi être immédiatement  indemnisées à hauteur de :

  • 250 euros pour les vols jusqu’à 1500km
  • 400 euros pour les vols intracommunautaires de plus de 1500km et tous les autres vols de 1500 à 3500km
  • 600 euros pour les vols extracommunautaires de plus de 3500km”

Lire la suite sur le site du gouvernement 

 

Et vous, avez vous déjà vécu ce genre de situation? Avez vous déjà eu votre vol annulé, ou retardé? Comment avez vous vécu cet “épisode”?

 

 

12 Commentaires

  1. Commentaire par Haydée

    Haydée Répodnre 5 juillet 2013 at 15 h 31 min

    Cela m’est déjà arrivé, je l’ai très mal vécu !
    En général quand on attend que l’avion décolle c’est qu’on a prévu un voyage bien préparer à l’avance, donc chaque minute de retard se fait passer pour une heure de retard, dans nos têtes. Quand je suis partie en Asie, j’ai attendu, et attendu, après 24h, une nuit d’hôtel et les repas offerts, je me demandais vraiment si j’allais partir. Mais ce n’était pas pour moi que c’était le pire, car je partais 2 mois. Le pire c’est pour les gens qui partaient 2 semaines et qui avait prévu d’autres avions derrières qu’ils ont bien entendu loupé également, donc leurs vacances étaient clairement foutus ! Londres sinon j’aime beaucoup sauf qu’il y a toujours ce petit vent froid qui vous prend !

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 5 juillet 2013 at 16 h 35 min

      Tu as attendu, alors que tu étais encore en France, ou tu étais déjà en transit? Si c’est en France, oui, c’est bien la poisse quand on attend ce départ avec impatience! Pour nous, ça allait puisqu’on rentrait, et on n’était pas pressés plus que ça, même si c’est toujours pénible, un transit qui s’éternise…

      Mais comme tu dis, pour les autres, c’était pas pareil, on a vu des nanas pleurer dans les couloir du Terminal, on imagine qu’elles avaient vraiment “besoin” de prendre cet avion! D’autant qu’on ne nous proposait pas vraiment de solutions, qu’il y avait des milliers de gens bloqués comme nous, et que les comptoirs de British ont, malgré tout, fermés à 16h!!

  2. Commentaire par Laurent

    Laurent Répodnre 5 juillet 2013 at 22 h 00 min

    Ça m’est arrivé par 2 fois. La première fois c’était aussi le retour de mon année de voyage. J’avais un billet Bangkok-Paris via Dacca (avec Biman airlines, la compagnie du Bangladesh). A Dacca, au guichet de transit, au lieu de me donner ma carte d’embarquement pour le vol Dacca-Paris comme prévu, on me donne un ticket en me disant de prendre un taxi sans plus de détail (on est au milieu de la nuit). En questionnant au guichet, on me dit que mon vol vers Paris est reporté et que je vais à l’hôtel pour la nuit. Et décollage le lendemain à une heure inconnue.
    La 2eme fois en rentrant de Madagascar, l’avion devait atterrir à Mayotte avant Mada mais impossible à cause de la météo. Du coup il doit refaire un aller retour à Mayotte pour déposer les passagers avant de nous prendre. Vol reporté d’une journée. Là encore on nous emmène à l’hôtel.
    Donc à par une journée de retard, pas de désagrément. Ce qui était marrant c’est que beaucoup de passagers se plaignaient dans les 2 cas que les hôtels n’étaient pas à leur goût. En ce qui me concerne c’était bien plus confortable que n’importe quel hôtel où je loge en voyage !

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 7 juillet 2013 at 12 h 26 min

      Ah oui, sympa le coup de Dacca, la communication n’était pas trop leur truc apparemment… ça a dû être un peu bizarre à vivre, ne pas savoir où on t’emmène, ni quand tu pourras finalement partir. D’autant qu’on se met souvent en “conditions” lors d’un transit: on sait qu’on en a pour tant d’heures, il y a une sorte de préparation psychologique, et ne plus savoir quand ça se termine est finalement frustrant, énervant!

      De notre côté, c’est la première sensation qu’on a eu, on voyageait depuis la veille, et puis c’était le grand retour auquel on se préparait depuis des jours, et être coupés comme ça en plein vol nous a agacés, on n’a pas vu tout de suite la chance qu’on avait de pouvoir visiter Londres!
      Par contre, je te rejoins sur l’hôtel: bon, nous on a dû avancer les frais, donc ça gâche un peu la découverte, mais c’est clair qu’on a jamais eu un hôtel si cher de tout le voyage, et on en a bien profité!!

    • Commentaire par Laurent

      Laurent 7 juillet 2013 at 21 h 17 min

      Le plus drôle c’était le lendemain matin en fait à Dacca. Après avoir embarqué, on est encore resté 3h dans la cabine de l’avion avant qu’il finisse par décoler. Et au bout de 2h dans la cabine, t’as le capitaine qui te sort en anglais version indienne un truc du genre “due to a problem completely beyond our control, we will we will experience an extra hour delay before our take off”. Là t’as 2 catégories dans l’avion, les 3/4 qui hurlent et 1/4 qui est mort de rire !!

    • Commentaire par Ly Dia, Nowmadz

      Ly Dia, Nowmadz 8 juillet 2013 at 15 h 59 min

      Ahahah, quand ça veut pas, ça veut pas!! On a une eu bonne dizaine de tracas de ce genre durant notre voyage aussi. On était plutôt dans les 1/4 qui se marrent, parce qu’on avait le temps, encore une fois…! Et ça, ça n’a pas de prix, en même temps on apprend qu’en étant patient, ça se passe mieux, ou en tout cas que ça ne sert à rien de gueuler… :)

  3. Commentaire par Lucie

    Lucie Répodnre 6 juillet 2013 at 22 h 16 min

    Ca m’est arrivé une fois entre sur le trajet Sydney-Singapour-Londres, je ne me souviens plus pourquoi mais on s’est retrouvés coincés à Singapour mais Qantas a super bien géré: ils nous ont trouvé une chambre dans un super hôtel bien classe (on faisait defaut avec nos sacs-à-dos), ils nous ont mis dans un taxi déjà payé pour y accéder et le lendemain un bus est revenu nous chercher. Aucun stress car ils ont vraiment bien géré, on a pas eu le temps visiter Singapour car il était trop tard et le prochain avion était le matin, c’est dommage.
    Le bon côté des choses c’est que vous avez pu voir Londres, c’est déjà ça :)

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 7 juillet 2013 at 12 h 08 min

      Wahou, ah oui pour le coup, vous avez eu du bol que Quantas gère aussi bien la chose: on se souvient de cette compagnie comme étant parmi nos préférées du voyage, alors ça ne m’étonne pas du tout. Apparemment la plupart du temps, c’est tout de même la compagnie qui se charge de loger et transporter les voyageurs lors d’une telle situation, mais ça n’a pas été le cas pour nous: British ne s’est occupé de rien, et on attend toujours le remboursement, plus d’un mois après avoir envoyé les factures!
      Sans ce “petit” souci budgétaire, on était content oui, de pouvoir visiter Londres, c’était un bon moyen de rentrer en douceur dans notre vie d’avant…

    • Commentaire par Lucie

      Lucie 7 juillet 2013 at 12 h 13 min

      On pourrait s’attendre à un meilleur traitement de la part d’une compagnie comme British Airways effectivement :(

  4. Commentaire par Guillaume

    Guillaume Répodnre 7 juillet 2013 at 4 h 45 min

    Merci pour les infos d’obligation des compagnies aérienne, issues d’un règlement Européen…. Bon à savoir, car généralement, ces choses là ne viennent jamais toutes seules !!

  5. Commentaire par Tiago

    Tiago Répodnre 14 juillet 2013 at 19 h 24 min

    Il m’est arrivé la même chose quand je rentrais de mon road trip au Portugal,sauf que moi, j’avais un mariage le lendemain et par conséquent je devais rentrer par tous les moyens.
    Vueling(iberia) ma proposé 2 solutions : soit une nuit d’hôtel et je partais le lendemain à la meme heure de Porto (et je disais bye bye au mariage). La 2ème solution était de prendre un car direction Lisbonne pour prendre un autre avion direction Paris.
    Évidemment j’ai choisi la 2ème option, ce qui m’a fait arriver avec 6h de retard.

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