Dix jours dans la vallée de Katmandou

16 octobre 2012

Nous arrivons à Katmandou en début de soirée, et déjà il fait noir. Dans le taxi qui nous sort de la ville, nos yeux tâtonnent et tentent d’accrocher ça et là des choses qui nous en diraient plus sur ce nouveau pays. Mais il fait vraiment très noir, nous l’apprendrons plus tard, c’est l’heure de la coupure de courant. Tant pis, nous resterons avec une curiosité insatisfaite pour cette fois!
Nous avons réservé notre premier hébergement à l’écart de la ville, dans la vallée. Chez Paulines Guesthouse. Ce qui nous a particulièrement attirés, outre le cadre verdoyant, c’est que c’est tenu par des françaises. Sur leur site, elles nous promettent un bon repas, du repos, du calme. La nature, et du bon vin!

 

Nepal 6 octobre - Chandeswori, Pauline's Guesthouse (33)

 

On n’aurait pas rêvé mieux. Nous sortons de l’Inde un peu hirsutes, hébétés. Nous avons accumulés tant d’images “choc” en si peu de temps, nous sommes crevés. Nos nerfs sont à vif, d’ailleurs ça s’en ressent entre nous, on n’arrive presque plus à concéder pour l’autre. Au bout du rouleau, on se retrouve tout de même dans le besoin urgent de se reposer, de faire une pause, et l’idée de panser nos plaies dans un foyer français nous redonne du courage.

 

L’endroit est à la hauteur des promesses de leurs hôtesses. Celles-ci nous accueillent “comme à la maison“, c’est bon, c’est reposant. Discuter avec des expats nous permettra d’en apprendre beaucoup sur le pays, d’obtenir des bons plans qu’on n’aurait peut être jamais eu autrement. Comme elles savent qu’on est en vadrouille depuis 4 mois, elles nous concoctent des repas délicieux. Rien de gastronomique, mais des choses simples, assaisonnées comme il faut, comme chez nous. Des pommes de terre, des carottes et du poulet, notre premier repas nous l’avalons comme si nous sortions tout juste de prison… En dessert, de la mousse au chocolat !

Bon sang que ça fait du bien, aux papilles, au ventre, et à la tête… Y’a pas à dire, qu’est ce qu’on mange bien en France ! C’est varié, diversifié, et on peut, si on le souhaite, ne pas manger tous les jours pareil, un luxe par rapport à tant d’autres pays.

 

Nepal 6 octobre - Chandeswori, Pauline's Guesthouse (7)

Nous passons 2 jours ici, à nous reposer, et nous délecter, on se refait une santé, et un moral aussi.

Nos journées, on les passe à surtout ne rien faire, au milieu de la vallée. On contemple, on respire, on arrête de réfléchir, et on se laisse porter par la quiétude du lieu. Entourés d’animaux, de poneys, d’ânes, de chiens et de chats, on profite des choses toutes simples que la vie nous apporte.

Moi je suis comblée, une des minettes nous fait l’honneur de rester avec nous une soirée, et une nuit entière! Nos chats me manquent, je compense un peu avec cette minette toute câline…
Julien de son côté apprécie aussi, mais plus difficilement, car il est encore bien malade. Il a dû choper une sérieuse bactérie en Inde, ça lui bouffe le ventre, et ce pendant les 3 jours de notre retraite chez les françaises. Heureusement nous avions prévu les médicaments nécessaires en cas de crise sévère, et finalement quand nous redescendons sur Katmandou, ça va mieux.

A Katmandou, nous découvrons enfin un bout de la capitale népalaise, c’est notre premier vrai contact avec les habitants. Comme beaucoup de voyageurs, nous nous installons à Paknajol, à proximité de Thamel. Thamel est le quartier touristique. Mais vraiment touristique. Il y a une pléiade de restaurants, bars, boutiques de souvenirs… on y vend également tout le matériel de montagne, des contrefaçons, ici ils les appellent les « North Fake » !

Pour l’occidental qui débarque de son pays, Thamel doit vite être insupportable car on n’y trouve rien d’authentique … pour nous, c’est carrément apaisant. En perte total de tous nos repères, on retrouve ici un climat agréable, calme malgré le bruit ambiant, pas stressant en tous cas ! Et puis pouvoir se poser dans un café, boire un vrai café occidental, et manger des choses qu’on peut identifier, pareil, c’est reposant…

 

Nepal 8 octobre - Katmandou (4)

 

Chez Pauline, nous avions décidé de prendre quelques temps encore pour nous poser. On cherchait un endroit où nous serions indépendants. Un genre d’appartement à louer, un studio, quelque chose avec une cuisine. Oui, on parle beaucoup de repas, de cuisine etc hein, ça tourne à l’obsession on dirait! Parce que pour nous, quand le ventre va, la tête va.. ;-) Et pour le moment, le ventre en a raz le bol d’ingurgiter des trucs qui font mal!

Et Pauline nous a trouvé l’endroit idéal. Un cottage à Sankhu, un village dans la vallée de Katmandou. Au départ, quand on appelle pour réserver, on nous annonce qu’il n’y a plus de place. J’en pleure presque de déception. C’est qu’on a cherché sur internet d’autres plans de ce genre, et ça ne court pas les rues. On se dit qu’on ira faire un tour à l’office de tourisme, peut être que…

Et puis finalement, Suraj, le népalais qui s’occupe du cottage, se démène et nous arrange une disponibilité d’une semaine ! Il faut y aller dés le lendemain ! Hop, hop, on part faire quelques courses au supermarché de Katmandou, car Sankhu est un petit village, et pas du tout touristique. On emporte des pâtes italiennes, de l’huile d’olive, de la bière et du vin : on est parés pour notre cure de repos.
Le cottage de Sankhu appartient en fait à un hollandais qui ne vit pas sur place.
Il est associé à Suraj qui gère l’affaire pour lui, contre rémunération. Suraj nous accueille avec simplicité et gentillesse. Tout au long du séjour il passera discrètement nous voir pour s’assurer que tout va bien.

 

Nepal 9 Octobre - Sankhu (9)

Nepal 9 Octobre - Sankhu (12)

 

L’endroit est presque neuf, à l’entrée du village, avec la vue sur les collines et les champs. A proximité il y a une école, on entend les enfants réciter leurs leçons. Et sinon, il y a juste le chant des oiseaux… On prend une grande inspiration, on s’emplit les poumons, l’extase atteint notre cerveau : on est bien, tellement bien ici !

Toute la semaine nous la passerons à ne pas faire grand choses, et surtout sans contrainte. Pas de réveil, et c’est d’ailleurs peut être la première fois en 4 mois qu’on fait des grasses mat’ ! Suraj nous apporte tous les matins le petit déjeuner. On se régale à grands coups de tartines beurrées, et à la confiture. Puis on vit nos journées ensuite au rythme de la nature et du village.

 

Le village, nous le découvrons d’abord timidement.

Il n’est absolument pas touristique, alors quelques villageois nous regardent un peu étonnés, mais ça ne dure pas très longtemps. Ici, les gens sont calmes, posés. Ils ne nous regardent pas comme des bêtes de foire, ce n’est pas gênant, comme ça a pu l’être en Inde. Ils nous voient, et puis retournent à leurs occupations, après tout, nous ne sommes que des humains ! Ils ne tentent pas non plus de nous demander de l’argent, on n’est pas envahis. Ça vaut pour Katmandou aussi d’ailleurs. Il y a des chauffeurs de taxi qui proposent leurs services, mais si on refuse, ils n’insistent pas. On se rend davantage compte à quel point c’était lourd en Inde. On comprend mieux pourquoi on n’aimait pas se promener dans les villes, il fallait presque raser les murs, se hâter pour pas se faire repérer, sinon, c’était la pression assurée.

A Sankhu, comme dans tous les villages d’ailleurs, il y a un temple.
Celui-ci est réputé, il est très ancien, c’est un lieu de pèlerinage. Ici c’est l’hindouisme que nous retrouvons. Nous allons voir le temple, bien sûr il est bâtit en haut de la colline, il faut grimper une volée de marches.

Nous faisons le chemin en compagnie de quelques écoliers, ils habitent tout là haut apparemment. Dire qu’ils font ce trajet tous les jours ! On croise également des femmes qui grimpent avec de lourds sacs en toile de jute sur le dos, de gros bidons d’eau. Moi qui n’aime pas les marches, je commençais à râler, finalement je me tais, un peu honteuse.

 

Nepal 10 octobre - Sankhu, Temple de Vajrayogini 013

Nepal 10 octobre - Sankhu, Temple de Vajrayogini 004

 

Nous faisons plus tard une autre balade pour rejoindre le site de Changu Narayan.
Là aussi il y a un temple hindou, construit en haut de la colline. Une petite mise en jambe, tout en douceur, en préparation du trek qu’on fera peut être, plus tard.

Pour aller au village de Changu, nous inventons des sentiers au milieu des rizières. Parfois on se perd, alors on demande notre chemin. Pour les népalais qu’on croise, c’est pas compliqué, il faut toujours aller tout droit ! Une rivière sans pont, des rizières à traverser? Pas de problème pour eux! Tous sont sympas, et quelque fois ils nous accompagnent même quand on est vraiment trop en dehors des sentiers.

Nous traversons des villages, loin de tout. Les gens s’affairent, les femmes trient les grains des céréales, les hommes construisent ou améliorent leur maison, les gamins rigolent en courant dans leurs jambes. On sent qu’ils n’ont pas grand-chose, on sait que la pauvreté est grande ici.

Pourtant les villages sont propres, les maisons ne sont pas délabrées. On ne voit pas des gens glander sur le bord de la route. Ils ont l’air tous occupés à améliorer leur village et leur vie.

 

Nepal 10 octobre - Sankhu, Temple de Vajrayogini 013

Nepal 11 octobre - Temple de Changu Narayan 008

 

Tous les jours, nous allons faire notre marché au village, pour cuisiner ensuite nos propres repas, quel bonheur!

C’est agréable d’aller d’échoppe en échoppe, ici pour acheter une tête d’ail, et là pour quelques piments. Les légumes sont pleins de terre, le poulet est à peine plumé. On ne fait pas de la grande cuisine, on mange local, mais on se régale. Les commerçants sont au prime abord aussi intimidés que nous. Les étales sont souvent tenues par des femmes qui ne parlent pas anglais. Avec quelques gestes, une mimique et un sourire, on arrive toujours à nos fins.

En tous cas, nous sommes toujours accueillis chaleureusement, ça fait du bien.

On passe donc une semaine tranquille, remplie de petits plaisirs tout simple. Chaque soir on contemple les couleurs dont se pare le ciel, puis on observe les milliers d’étoiles. Il fait doux, parfois frais, et les nuits sont bien noires. Le noir nous l’apprivoisons aussi, au gré des coupures de courant. Ici c’est chose commune, ils appellent ça le délestage. A tour de rôle, à un rythme et une durée chaque jour différents, les villages coupent le courant. Quelques habitations, des commerces ont un générateur. Pas nous. Alors parfois on cuisine à la frontale !

Et puis finalement ça ne manque pas tant que ça, l’électricité. Nous n’avons pas de frigo, et le réchaud est au gaz.

 

C’est dingue comme le calme semble encore plus profond quand il fait tout à fait noir !

 

 

 

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Si vous avez raté notre voyage au Népal:

 

 

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12 Commentaires

  1. Commentaire par Elian

    Elian Répodnre 16 octobre 2012 at 15 h 41 min

    J’adore les photos !

  2. Commentaire par Stef

    Stef Répodnre 16 octobre 2012 at 15 h 50 min

    Pas mal la réussite à la frontale !!! t’est trop drôle Julien !!! ça correspond bien à votre état d’âme du moment. Vous avez l’air épanouis et contents.
    Gros bisous.

  3. Commentaire par Philippe

    Philippe Répodnre 16 octobre 2012 at 17 h 09 min

    C’est dingue la sérénité qui se dégage de ce récit, mais qu’est ce qu’on fout encore là,,,,???
    Cela fait plaisir de vous lire et de vous sentir sereins. Profitez en bien.
    Bisous

  4. Commentaire par plume

    plume Répodnre 16 octobre 2012 at 17 h 40 min

    bien le bonjour !
    En France, il existe une association qui s’appelle ANPCEN association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne ! Vous la trouverez sur le Net. Son but est de convaincre les villes et villages de pratiquer des coupures de courant la nuit car ce jour éternel est une vraie pollution autant pour les être vivants que pour les plantes. Il y a déjà environ 6000 communes qui pratiquent ces coupures. C’est un début. On aimerait avoir le noir total plus souvent. C’est donc une bonne chose. En fait, l’humain n’a jamais été aussi fragilisé, à cause du fameux progrès justement.

  5. Commentaire par Titi

    Titi Répodnre 16 octobre 2012 at 21 h 22 min

    Come al solito un racconto scritto a meraviglia e le foto sono bellissime. Grazie a voi ci siamo un po’ anche noi con voi!! Baci

  6. Commentaire par plume

    plume Répodnre 17 octobre 2012 at 8 h 11 min

    je me demande aussi : qu’est-ce qu’ils sont en train de récolter comme céréales, les gens ?

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 18 octobre 2012 at 14 h 04 min

      Du ‘iz! ;-)

  7. Commentaire par Bea

    Bea Répodnre 17 octobre 2012 at 23 h 01 min

    Ce récit de votre nouvelle étape me donne vraiment envie de découvrir ce pays qui est plutôt réputé pour ses sommets ! Ces contrées, d après votre expérience, m ont l air très accueillantes & méritent certainement le détour entre deux treks :-) Bizz

    • Commentaire par Nowmadz

      Nowmadz 18 octobre 2012 at 14 h 05 min

      Oh, oui, oui, c’est vraiment superbe … en tous cas, nous ça nous convient, et ça nous conforte dans l’idée qu’on a vraiment besoin de nature!

  8. Commentaire par Baglioni Anne Marie

    Baglioni Anne Marie Répodnre 18 octobre 2012 at 0 h 32 min

    C’est un vrai bonheur de vous sentir apaisés !
    Régalez-nous encore d’images et de poésie … Si, si, Lydia, tu deviens poète dans ce doux Népal !

    Bises à vous deux
    Anne Marie

  9. Commentaire par Marco

    Marco Répodnre 18 octobre 2012 at 13 h 12 min

    Ça fait du bien de vous sentir sereins et apaisés
    Profitez en aussi pour reposer vos intestins !
    Le lieu à l air magnifique .Reposez vous bien et à bientôt , bisous

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