#portrait: Le voyage solidaire de Clément et Tiziana

11 February 2015

Clément et Tiziana

 

L’eusses tu cru? Derrière ce nom curieux et original se cachent deux lyonnais partis sur les routes du monde depuis le mois d’Août 2014. Avec pour pari de limiter au maximum les trajets en train ou en avion, ils privilégient le slow travel, et cela pour rester au maximum en contact avec les populations locales. L’Eusses tu cru, c’est également un projet solidaire, par le biais de rencontres et d’échanges dans les écoles. Pour en savoir davantage, Clément et Tiziana ont bien voulu répondre à nos questions.

 

1- Bonjour à tous les deux. Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter? 

Bonjour ! On est deux lyonnais de 25 ans, Clément et Tiziana, partis sur les routes d’Europe de l’est et d’Asie depuis bientôt 5 mois et pour un an si tout se passe bien ! Clément est passionné par le son et a quitté son emploi de technicien du son avant de partir, et en ce qui me concerne j’ai terminé en juillet un double diplôme d’architecte ingénieur et je profite d’une année de découverte avant de rentrer dans le monde du travail. On est partis en aout dernier et on a mis en place un petit blog pour que nos proches et peut-être d’autres voyageurs puissent suivre nos aventures.

 

Rencontres en Russie

Rencontres en Russie

 

2- Oh my God! Des lyonnais, encore! Comme nous! Décidément…:) Tiens, d’ailleurs dans vos pages “Médias” et “Partenaires” je retrouve beaucoup de références connues… Mais justement, parlez-nous un peu de votre projet. Vous êtes partis en tour du monde pour un an, oui, mais pas que…

Hé hé ! oui les lyonnais sont partout ;p On est effectivement partis en tour du monde (à vrai dire, c’est pas à proprement parler un tour du monde puisqu’on reste du même côté du globe, disons plutôt un bout du monde), à la rencontre de populations et de cultures différentes. On a coloré notre projet de voyage avec nos deux passions : Clément récoltera les ambiances sonores des pays traversés pendant que je m’intéresserais aux techniques de construction employées et au développement durable. En préparant ce projet l’année avant le départ, on s’est dit que ce serait dommage de ne pas partager ce qu’on allait vivre et on a mis en place un partenariat avec 3 écoles primaires. Les instits qui suivent le projet intègrent nos récits, sons, vidéos et découvertes dans leur programme pédagogique avec un fil rouge sur le voyage au long de l’année. En pratique, on a par exemple mis en ligne dernièrement une courte vidéo pour apprendre aux enfants à compter en chinois et on est en train d’écrire un article sur les forêts primaires chinoises. Les élèves viennent aussi de recevoir notre premier colis avec différents objets qu’on a récoltés sur la route, on a hâte de connaitre leurs réactions ! On est plutôt content car les retours des instits sont très positifs et on a l’impression de donner une petite ouverture sur le monde un peu différente de ce qu’on peut voir dans nos médias !

Et pour tout vous dire, ce projet n’est pas vraiment que pour les écoles, voyager avec ce fil conducteur nous guide aussi dans notre voyage et nous pousse à découvrir des choses qu’on ne ferait pas autrement. On a par exemple poussé la porte de plusieurs écoles en Russie pour voir comment les enfants vont à l’école à l’étranger, c’était pour nous une expérience géniale et très intéressante qu’on a hâte de réitérer !

 

En Mongolie

En Mongolie

 

3- Vous avez également décidé de privilégier au maximum les trajets terrestres. Pourquoi ce choix? Au quotidien, comment cela se passe-t-il? Avez-vous découvert ou testé des moyens de transport originaux?

Le choix des transports terrestres s’est fait assez naturellement. En partant dans ce voyage, on n’avait pas particulièrement de destination précise, on voulait surtout partir à la rencontre de cultures différentes. Et pourquoi prendre l’avion si on ne sait pas vraiment ou aller ? Le stop et le train permettent de voyager doucement et d’être vraiment au contact de la population. On a avancé pendant 5 semaines uniquement en stop, et si on en avait déjà fait un peu en France, c’est pendant ce voyage qu’on s’est vraiment rendu compte à quel point c’est un excellent moyen pour partir à la rencontre d’un pays ! Au quotidien c’est sûr que c’est moins facile que d’avoir son billet de bus et il a parfois fallu s’armer de patience au bord de la route (ah, on s’en rappellera de nos 7 heures d’attente sur une route autrichienne !), mais on a toujours été récompensé par de super rencontres et de beaux moments !

Arrivé en Russie, on a arrêté le stop pour continuer en train et en bus pour la simple et bonne raison que les distances à parcourir devenaient beaucoup trop longues et que le temps commençait à se rafraichir un peu trop (-5°C à Irkutsk). Et même si on adore le stop, monter à bord du transsibérien nous faisait rêver depuis un bon moment.

Sinon, on a aussi découvert les trains chinois et on n’a pas été déçu ! Pour des questions de budget, on ne voyage que de nuit et en places assises. Passer 22 heures assis sur une banquette sale avec huit chinois qui te dévisagent toute la nuit n’est pas toujours facile mais le fait d’être à ce point mélangé à la population est une expérience incroyable.

On a tendance à considérer les transports comme anodins, mais on se rend compte qu’en réalité c’est toute une part du voyage qui se déroule dans chacun d’eux. On se dit qu’on manquerait une partie de l’aventure en prenant trop souvent l’avion !

 

En Roumanie sur le chantier écologique

En Roumanie sur le chantier écologique

 

4- Vous êtes partis déjà depuis quelques mois, pouvez-vous nous dire par où vous êtes passés? Y a t-il un souvenir en particulier, un moment fort que vous aimeriez nous raconter?

La première étape était de rejoindre Moscou en partant de Lyon en n’utilisant que le stop pour avancer. On est passé par la Suisse, le Liechtenstein (pour le coup on y est vraiment pas resté longtemps!), l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Serbie, la Roumanie, la Moldavie et l’Ukraine pour enfin arriver en Russie.

Cette étape à malheureusement été trop courte pour des raisons de visas, mais on a quand même pu en profiter et découvrir une Europe vraiment belle. On a eu en particulier un énorme coup de cœur pour la Roumanie et ses habitants extraordinaires, on a eu la chance de travailler à la construction d’une maison en terre crue et en chaume pendant une semaine au cœur de la Transylvanie. On a ensuite traversé la Russie et la Mongolie avec le transsibérien et le transsmongolien pour arriver à Pékin. Depuis, on vadrouille en Chine et on est en passe de franchir la frontière laotienne. Choisir un souvenir en particulier est vraiment difficile ! Ce sont les rencontres et les arrêts prolongés qui restent le plus en tête en fait : les voitures qui s’arrêtent sur le bord de la route pour nous prendre en stop, le lac Baïkal, le séjour dans le désert de Gobi, la découverte de la muraille de Chine, les montagnes magiques de Zhangjiajie… un des moments qui nous marquera le plus je pense est justement l’un des derniers : on vient de passer une semaine dans un monastère dans les montagnes chinoises à s’initier au Kung Fu avec des moines Shaolin, et c’est une expérience qu’on n’est pas prêt d’oublier !!

 

Randonnée sur la Grande Muraille

Randonnée sur la Grande Muraille

 

5- Et les mois à venir, où serez-vous?

L’idée est de rentrer